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Une actualité de Véronique D.
Publié le 13/10/2012

Depuis que Max Mainard a fait sa rentrée sous la plume inspirée d'Anne Percin, le bilan des lectures du rayon ados est bien sombre. Non pas que le plaisir de lecture soit absent (au contraire), non pas que chaque roman lu nous tombe des mains (vous n'y êtes pas davantage). Force est de constater, qu'à de rares exceptions près (que nous nous ferons un plaisir de vous faire partager bientôt) nous lisons des textes durs, violents, bouleversants, souvent nécessaires pourtant comme autant de prises de conscience, de mains tendues pour une réflexion intelligente et constructive. La Pouilleuse est de ceux-là, de ces romans qui  sont une secousse parce qu'ils saisissent leur lecteur, le poussent à s'interroger, le bousculent, intimement.

Dans les quartiers calmes et chics de la capitale, sous "un ciel de pierre" , un groupe de lycéens attend l'heure d'entrer en cours. Quand l'un d'entre eux manifeste son désir de sécher, il ne faut pas longtemps pour que tous se mettent en route et tournent le dos à leurs obligations. Trois garçons, deux filles, dont le chemin va croiser celui d'une petite fille  à la traîne d'un groupe d'élèves de CP en route vers la piscine...

La lecture de ce très court roman de Clémentine Beauvais ne laissera personne indifférent et je mets d'ailleurs quiconque au défi de pouvoir en arrêter la lecture avant d'être arrivé à l'épilogue. Le narrateur, David, raconte cette sordide histoire a posteriori, se souvenant de ce qui a été dit dans la presse, de ce que leurs avocats ont tenté pour alléger leurs peines. Comment des lycéens en proie à l'ennui et forts d'un sentiment de toute puissance et d'impunité en arrivent à kidnapper une fillette et à la brutaliser, physiquement et psychologiquement, comment au sein de ce groupe pas un n'ose élever la voix, dire non, dire stop : tel est le tragique déroulé des faits qui en rappelle bien d'autres lus dans les journaux.

Par une écriture concise et sèche, son sens du dialogue et de la construction, Clémentine Beauvais  offre à son lecteur, dans un texte court, haletant et tendu une occasion salutaire de réfléchir à la notion de responsabilité qui devrait habiter chacun d'entre nous. Un roman soutenu par Amnesty International, à lire et à faire lire à partir 13 ans-14 ans y compris à des lecteurs peu enthousiastes !

 

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Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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