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Sous le signe du trèfle

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Une actualité de Véronique D.
Publié le 23/10/2015

276494seamrogAttention, coup de cœur ! Oui, je le dis tout net, je ne m'attendais pas à être aussi captivée par L'anneau de Claddagh ! Tout en étant libraire, figurez-vous que je suis une lectrice comme tant d'autres, influencée par l'air du temps, mes humeurs, une couverture, la hauteur de la pile de livres qui s'entassent à côté du fauteuil et j'en passe. Et quand, en plus, un roman est accompagné d'un "bijou" qui empêche la libraire que je suis de faire des piles correctes et non pas branlantes sur ses tables, inutile de vous dire que la lectrice qui est en moi est mal disposée... Et pourtant !

Dès les premières pages, chère madame Béatrice Nicodème, (puisque c'est de votre dernier roman qu'il s'agit), j'ai été transportée dans ce comté de Galway, au XIXème siècle, où mon cœur a battu à l'unisson de celui de Keira. Est-ce dû à mon addiction à Dowton Abbey ? J'ai retrouvé dans L'anneau de Claddagh quelques similitudes avec l'ambiance de cette série culte, la peinture d'une époque et de deux milieux sociaux que tout oppose mais qui doivent cohabiter : les domestiques des grandes demeures et les maîtres qui les gouvernent. Le destin de la charmante Keira aurait été bien tranquille si vous ne lui aviez pas fait rencontrer le séduisant Arthur, fils d'un grand propriétaire anglais mais il aurait été moins romanesque !

Dans ce premier tome (et oui, j'attends déjà le printemps avec impatience pour lire la suite prévue pour mars 2016), Keira tombe donc amoureuse du bel Arthur, lequel ne se contente pas de son statut d'héritier mais rêve d'aventures et d'Amérique. De  là à proposer à Keira de partir faire sa vie avec lui à l'autre bout du monde, il n'y aurait qu'un pas si les projets des jeunes amoureux n'étaient ajournés par mille péripéties, trahisons, drames... L'une des très grandes réussites de ce roman, est la peinture de l'époque dans sa réalité sociale : l'Irlande de 1846 est un tableau vivant  avec ses workhouses, la famine, les inégalités et la domination des anglais qui règnent en oppresseurs. Si la dénonciation est puissante, le trait n'est jamais forcé, si les péripéties sont nombreuses dans la vie de Keira, tout est amené avec le plus grand naturel et une fluidité qui fait que les pages se tournent à vive allure dans un bonheur de lecture qui ne faiblit jamais, et si le fantastique vient pointer le bout de son nez c'est dans l'esprit des croyances irlandaises où les mondes invisibles cohabitent avec le monde ordinaire. L'autre grande force du roman réside dans le soin apporté à tous les personnages, principaux ou secondaires : tous sont plus que crédibles dans leur psychologie, leur caractères et leurs motivations. Quand au défaut du roman... j'en cherche sans en trouver !

Bref, vous l'aurez compris, il s'agit là d'un coup de cœur, un vrai, pour un roman qui rend un bel hommage aux irlandais et à leur courage au temps de la grande famine, doublé d'une jolie histoire d'amour qui ne pourra que toucher tous les lecteurs. A lire à partir de 13 ans.

https://www.youtube.com/watch?v=bJeqGNHr8eA

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Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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