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Sur la cheminée

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Une actualité de Véronique D.
Publié le 15/07/2013

Point de cadeaux de noël sur la cheminée mais une drôle de petite soeur, ou du moins une partie. Il fallait oser un tel début de roman, une telle scène d'exposition où l'on comprend que les parents du narrateur se sont disputé les restes de sa petite soeur ne pouvant s'entendre sur le type de funérailles : inhumation ou crémation. Passée cette introduction assez dérangeante il faut bien l'avouer, Ma  soeur vit sur la cheminée s'avère être un roman au charme fou, très souvent drôle, émouvant parfois, tendre souvent, au ton naïf extrêmement réussi.

Jamie, narrateur de 9 ans passés, n'a que peu de souvenirs de Rose. Celle-ci est morte depuis déjà 5 ans lorsque le roman commence et pour le jeune garçon, il s'agit plus souvent de mimer une tristesse de commande lorsqu'il est question d'elle que de ressentir une quelconque émotion. Pour Jasmine, la soeur jumelle de Rose, c'est évidemment autre chose qui se joue : elle doit faire sa place, éviter la comparaison avec sa soeur, cesser de lui ressembler autant que faire se peut. Leur père, avec qui ils vivent désormais tous les deux, a bien du mal à faire face, sombre dans l'alcool et voue une haine farouche aux musulmans qu'il juge responsables de la mort de sa fille. Aussi Jamie se sent-il très mal à l'aise lorsque la maîtresse le place d'office en classe à côté d'une petite fille voilée, imaginant aussitôt la colère de son père s'il venait à l'apprendre. Entre ces deux là pourtant, une amitié lumineuse ne va pas tarder à naître, faite de confiance, de questions et de confidences...

Ma  soeur vit sur la cheminée a beau être un roman à l'humour ravageur il vous laissera des larmes plein les yeux. Cette famille rendue bancale et fragile par un malheureux hasard de l'existence (une petite fille au mauvais endroit au mauvais moment victime d'un acte terroriste perpétré par des extrémistes) est d'une farouche vitalité. Au delà de la douleur, loin de tout pathos, la voix de Jamie est d'un bout à l'autre du roman la voix de l'enfance, celle qui dit l'importance du moment présent et du lien. Ce petit garçon qui cherche les réponses que les adultes sont incapables de lui donner, trop absorbés qu'ils sont par leur douleur est un concentré d'émotions qui fait passer son lecteur du rire aux larmes avec un naturel confondant.

Si l'un des messages de ce roman est bien de dépasser ses a priori pour aller à la découverte de l'autre, n'hésitez pas à dépasser les vôtres : ce roman est tout sauf morbide et tout simplement l'un des grands moments de lecture de l'année !

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Véronique D. (282)

Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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