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Un amour à trois temps

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Une actualité de Véronique D.
Publié le 24/10/2009

couverture de Un amour à trosi tempsEn rentrant de l'école, Emile, bientôt 12 ans, ne déroge jamais aux rituels qu'il a mis en place. Le chemin est semé d'embûches et de périls imaginaires, d'aventures extravagantes avec, pour point de mire, la charette de la vendeuse de pommes. Il s'arrête, choisit sa pomme avec les plus grandes attentions, et va la manger sur un banc du jardin public, sous les fenêtres de l'appartement familial.

Un jour, son regard est attiré par une élégante bicyclette noire posée contre le mur. Tout près, une jeune fille de son âge, telle "un personnage de son univers imaginaire (...), une princesse déguisée en fillette qui aurait changé son cheval en bicyclette pour passer inaperçue" est assise en tailleur sur un banc, une flûte à la main, ses bottes de caoutchouc noir posées devant elle.

C'est une apparition, de celles qui font les grands romans d'amour : Ariane de Belle du seigneur ou Yvonne de Galais du Grand Meaulnes. Ces deux là vont s'aimer de passion, sans avoir même les mots et encore moins les phrases pour dire de quel sorte sont les émotions qui les bouleversent. Une semaine comme une parenthèse enchantée qui va ouvrir la porte au plus intense des chagrins : Alexandra part au Mexique...

Si l'on n'a pas les mots de l'amour peut-on avoir ceux de la douleur ? Le temps passe, la souffrance de la séparation reste avec en leitmotiv la petite phrase d'Alexandra : "je t'aimerai toujours..."

Un amour à trois temps (quel joli titre !)  d'Antonio Ventura est empreint d'une émotion vibrante, sensible, délicate et toujours juste. Les pages  consacrées à l'enfance sont teintées d'une nostalgie bouleversante : c'est l'époque de toutes les nouveautés, de toutes les découvertes, de l'inconnu, du frisson, teintée du sentiment que peut-être, "tout ça ne soit pas réel" tant jusqu'alors, Emile avait rêvé sa vie, vécu dans l'univers du conte. L'expérience de la perte, de l'absence, du chagrin va emmener le personnage vers plus de réalité, vers l'âge adulte, accompagné sans cesse par la présence lumineuse de ce premier et éternel amour. Les trois temps d'une valse lente dont les notes disent que "nous sommes toujours des enfants qui contemplent un monde qu'ils ne comprennent pas, qui leur fait peur et qui les abîme, et que c'est pour cela que nous passons nos jours à faire des tas de choses, pour la plupart vaines."

Traduit (superbement) de l'espagnol par Gabriel Iaculli, aux éditions La joie de lire. A lire à partir de 15 ans et bien au delà...

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Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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