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Vie d'un enfant nazi

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Une actualité de Marie-Aurélie
Publié le 21/07/2012

Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Himmler, sous l'impulsion du Führer,   a mis en place le projet "Lebensborn". Ce mystérieux programme avait pour but de fonder une pure race aryenne en faisant s'accoupler des hommes et des femmes sélectionnés au préalable selon des critères soi-disant précis. De ces nombreuses unions libres sont nés des nourrissons confiés immédiatement à la patrie par le biais du Heim, une sorte d'orphelinat où les nouveaux-nés sont longuement et scrupuleusement étudiés. Ceux qui sont retenus continueront  à vivre au Heim et seront élevés comme de parfaits petits nazis. Les bébés dont les mensurations ne correspondent pas à l'idéal aryen ils sont purement et simplement "réinstallés"; ce qui signifie qu'officiellement ils sont déclarés morts-nés.

C'est dans ce contexte atroce que nous faisons la rencontre de Max. Max est un foetus sur le point de venir au monde. Il est allemand, bien sûr, et il prie pour que ses cheveux soient blonds comme les blés et ses yeux bleus comme l'azur et ce, dès sa naissance. D'ailleurs Max ne s'appelle pas Max, en plus il déteste ce prénom. C'est sa mère biologique qui le lui a donné en secret ; au Heim, ce sont le froid docteur Ebner et la monstrueuse infirmière en chef qui choisissent les prénoms. Et ils ont décidé de baptiser Max, Konrad von Kebnersol.

Konrad va devenir la mascotte du Heim, d'abord parce qu'il est le plus beau des bébés du programme "Lebensborn" et surtout parce qu'il a des idées bien arrêtées malgré son très jeune âge. Max n'a que faire de rester dans les bras de sa mère biologique qui disparaitra rapidement de sa vie, ou bien de créer des liens avec ses petits camarades. Lui il sait ce qu'il fera quand il sera grand : il portera le bel uniforme noir dont il rêve tant, celui des SS.

Max est un livre détonnant. La couverture impressionne, le résumé effraie. Mais plonger dans Max, c'est se laisser happer par un récit non conventionnel et complètement fascinant. Par son engouement aveugle et inné, le bébé Max nous révulse et nous fascine. Sarah Cohen-Scali va loin et c'est très bien, on dépasse l'entendement pour découvrir avec aberration un mode de pensée et une vérité qui nous était jusque là totalement opaque. Levez le voile et préparez-vous. Vous n'en ressortirez  pas indemne.

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Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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