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A vol d'oiseau

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Une actualité de Gwénaël Rocher
Publié le 01/12/2014

manteauLa rentrée littéraire de janvier voit quelque fois arriver de drôles d'oiseaux. L'année dernière, ce fut Donna Tartt qui fit chanter gaillardement son Chardonneret en tête des meilleurs ventes. En ce début d'année 2015, il faudra s'habituer au chant plus étrange et mystérieux du corbeau freux, qui trouve son héraut à travers l'écriture de Diane Setterfield. Il s'agit là d'une double bonne surprise. Non seulement parce que l'on pensait qu'elle rejoindrait le rang des auteurs d'un seul roman et que par conséquent on ne l'attendait plus - il s'est quand même passé huit ans avant qu'elle nous livre un second roman après le magnétique et incontournable Treizième conte -, et il s'avère en plus de cela que cette nouvelle sortie est à la hauteur de nos espérances. L'homme au manteau noir, c'est tout d'abord l'histoire d'un geste parfait. Will Bellman, qui vient tout juste de fêter son dixième anniversaire, va faire auprès de ses camarades un pari fou et impossible : toucher au lance-pierres un freux posé sur une branche lointaine. Il y parviendra, tuant du même coup le pauvre oiseau. La conséquence sera terrible : pour la première fois, le jeune garçon sera confronté à la mort, laissant planer une sombre prédiction sur la suite de sa vie... Puis on retrouve William adulte, marié et père de famille, qui cumule les réussites professionnelles d'une manière indécente. Jusqu'au jour où les morts commencent à se multiplier dans son entourage et parmi ses proches. Il fera alors la connaissance de "l'homme au manteau noir", fidèle à tous les enterrements, avec qui il passera un marché des plus étranges... Encore une fois, Diane Setterfield excelle à nous entrainer dans un univers digne d'un roman gothique et parvient autant à nous inquiéter qu'à nous fasciner. Sorte de Faust qui officierait dans un roman de Carlos Ruiz Zafon, cet homme au manteau noir est une évocation subtile et poétique de nos obsessions et de nos angoisses. Quant aux considérations sur le freux qui émaillent ce roman envoûtant, elles permettent de mieux comprendre l'univers de ces oiseaux et les légendes qui les façonnent et qui, étrangement, nous renvoient à nous-mêmes.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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