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Annabel, LE roman de la rentrée en poche

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Une actualité de Anaïs
Publié le 29/03/2016
anabelUne libraire que j'aime beaucoup m'a un jour conseillé un livre en me disant : "celui-ci, c'est un petit miracle". J'ai attendu, en espérant pouvoir reprendre cette petite tournure, qu'un livre s'impose et que l'évidence me fasse dire  à mon tour "celui-ci, c'est un petit miracle". Hé bien le voici, le miracle. Annabel, dont la couverture froide et sensuelle vous hypnotise quelques instants. Annabel, le roman qui bouleverse, celui que l'on a envie d'acheter à tous ses amis, dont on parle avec ce regard un peu fou de celle qui sait qu'elle a un secret, qui a trouvé quelque chose de précieux. Le roman se déroule dans le Labrador, une région continentale canadienne de la province de Terre-Neuve. C'est tout d'abord ça en effet, Annabel : un territoire, reculé, où la nature n'est pas une idée mais une réalité sensuelle qui façonne les âmes. Et si une personne connaît mieux que quiconque, et incarne, mieux que quiconque cet espace, c'est Treadway. Treadway est trappeur. C'est un homme petit, trapus, robuste, un taiseux qui lit Pascal lorsqu'il ne chasse pas. Treadway ne comprend pas comment font les femmes pour vivre à l'intérieur. Tout ce qui nourrit, toutes les réponses, la lapin labradorpaix, sont dans cette vie sauvage. Jusqu'au jour où Treadway devient père. Sa femme, Jacinta, n'a pas choisi pour mari un fanfaron, un séducteur, un beau parleur. Elle a choisi cet homme silencieux et fort qui, en posant une main chaude sur son ventre, apaise tout. Jusqu'au jour où Jacinta devient mère. Thomasina fut la sage-femme -que ce terme lui convient!-de Jacinta. Lorsqu'elle mit au monde un bébé possédant à la fois un sexe masculin et un sexe féminin, elle demanda à Jacinta de réfléchir. Jacinta a donné naissance a un enfant qui n'est ni une fille, ni un garçon. Va-t-elle le dire à Treadway ? Treadway devine pourtant déjà que quelque chose d'inhabituel est arrivé, et l'affaire est discutée. Enfin pas vraiment. Treadway va peser le pour et le contre, va endosser, trop vite, sa responsabilité de père, et ce bébé sera un garçon. Et il s'appellera Wayne. Pourquoi Annabel me direz-vous alors ? Ha, mais mes chers lecteurs, je ne veux pas vous le dire. J'aimerai que vous ouvriez ce livre et que vous découvriez Annabel. Kathleen Winter pose énormément de questions dans ce roman, mais je crois que le plus bouleversant dans cette histoire, c'est peut-être ce portrait de père, tissé de mille brins. Annabel c'est un roman qui invoque une palette extraordinaire de sentiments. Vous êtes une caisse de résonance, et le roman vient faire résonner les bruits les plus subtils, les plus doux, mais aussi les plus durs de l'existence. Comme je vous le disais : un petit miracle.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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