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Ariel le détachant

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Une actualité de David V.
Publié le 19/03/2016
casque.jpgSi on cherche avant tout à se faire surprendre par la littérature plutôt qu'à lamper des gorgées de sirop fade qui donnent l'illusion de consoler, on ferait bien de diriger ses regards vers le nouveau livre d'un auteur trop négligé et partant de grande qualité, Ariel Denis qui inaugure la nouvelle maison de Pierre Guillaume de Roux que nous évoquâmes ici. On l'avouera, on avait comme un a priori favorable et les premières pages du livre l'ont confirmé, improbable et jouissive évocation d'une déroute des troupes romaines face aux barbares entrecoupée de réflexions, de courtes digressions anachroniques à la Tristram Shandy. Car il n'est pas question dans Stratégies du détachement d'histoires, de récits ou alors par bribes, réminiscences d'anecdotes autour d'un Colonel en lutte contre la société. La retraite, ce territoire de tous les impossibles et de toutes les défaites semble être l'espace géographique où se déploie le flot de paroles d'un narrateur qui manie une érudition alerte, officier de réserve d'une langue qu'il manie avec bonheur, insolence, drôlerie et cette alacrité de ceux qui n'ont plus rien à prouver, pour qui la littérature est devenu un vêtement intime que l'on dévoile avec un rien de malice. Pourquoi pense-t-on au Neveu de Wittgenstein, à ce genre de livres impossibles à raconter (d'où les errements de ce mince billet qui se voudrait avant tout laudatif) qu'on voudrait entendre lire pour en percevoir le rythme ? "Anarchiste discipliné, aventurier individualiste en uniforme", ressemblant à l'héroïque figure de Richard Widmark, le "héros" a quitté l'Education Nationale où son héroïsme a fait long feu. Il lui reste du temps pour parcourir la toile de son écran de DVD et ses souvenirs. Mais comment parler d'un tel livre, rareté dans une production qui impose la narration ? Comment en dire ce qui demeure la qualité essentielle d'un livre, son charme ? En mettant, par exemple, à ce bref entrefilet, un point final.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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