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Au delà du réel...

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Une actualité de Marilyn
Publié le 05/04/2013

Jamais il n'y aura de village plus isolé que San Giuda en Italie. Là-bas ne passe ni le téléphone, ni la télévision, ni Internet. Pas étonnant que les jeunes la fuient comme la peste. En revanche, la presse s'y ruera lorsqu'un meurtre horrible sera imputé à un groupe d'Al-Quaida. Que viendrait faire des terroristes dans cette région reculée de l'Italie ? Une excellente question qui ne semble pourtant pas traverser l'esprit de beaucoup. Bien entendu, la vérité est plus complexe et surtout inavouable.

XY (Grasset éditeur) s'ouvre sur une belle image, celle d'un arbre dont toutes les branches sont glacées, recouvert de neige et au milieu de nul part. Un bel endroit à faire découvrir aux citadins en somme. En revanche, lorsque l'on part à la recherche de Beppe Formento - dont le cheval est arrivé au village complètement fou et avec un traîneau vide - et que l'on passe devant ce tableau qui nous semblait si beau, nous sommes frappés d'horreur. Le blanc fait place au rouge sang et des corps, à peine ensevelis, sont éparpillés autour du tronc.

Au même instant, Giovanna, une jeune psychologue, se réveille la main ensanglantée : une cicatrice vieille de quinze ans s'est ouverte pendant la nuit. Impossible ! penserez-vous, mais les faits parlent d'eux-même. Aussi quand son ex-mari lui annonce ce qui s'est passé plus haut dans la montagne, elle pense irrémédiablement que les deux événements ont forcément un rapport bien qu'elle ne se sent pas prête à faire quoi que ce soit. Il lui faudra faire la rencontre du prêtre du village - qui voit les habitants sombrer dans d'anciennes souffrances psychologiques - pour se décider à tenter de trouver une explication.

Dans son dernier roman, Sandro Veronesi pousse la science et la théologie à s'affronter, mais aussi à cohabiter. Il s'est risqué à nous raconter une histoire démente dont le raisonnement dépasse les limites du tangible, mais son style est tel que c'est avec plaisir que l'on se perd sous le joug de sa plume.

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Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !