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Aveuglés

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Une actualité de David V.
Publié le 26/03/2014
Il aura donc fallu la naissance des magnifiques éditions Tusitala et le Prix Nocturne animé par l'acharné Benoît Virot pour que renaisse enfin de ses cendres l'un des phénix français de la littérature dite fantastique : La Nuit aveuglante d'André de Richaud. Les (très) chanceux possèdent dans leur bibliothèque (qu'ils ne s'en séparent jamais ! à moins de me l'offrir) la version ciselée par Robert Morel ; les amateurs la première édition parue chez Laffont qui au sortir de la guerre tenta de relancer la carrière de l'insaisissable auteur de La douleur qui avait connu la gloire avant de s'asseoir dessus pour la boire jusqu'à la lie ; les maniaques auront peut-être récupéré un Marabout 70's avec sa couverture un rien trash (mais quelle collection, non ?). Quelques éditions pour un livre qui aura marqué ses lecteurs incapables d'oublier le destin de Cyprien condamné à ne pouvoir ôter de son visage le masque du diable qu'il a eu la faiblesse de porter pour la Saint-Jean et qui l'oblige à trouver refuge dans une maison inexplicable. Livre de l'enchantement et de l'angoisse, hymne à la solitude désorientée, La nuit aveuglante est portée par l'écriture d'un Richaud maître de son art, oscillant entre la simplicité et la sophistication, poussant l'analyse sans résoudre le mystère. Un roman de possédé qui vous possède, un trou noir littéraire qui vous absorbe, un diamant sombre que plusieurs lectures n'épuisent pas tant de facettes y sont discernables. Ne cédez pas à l'aveuglement, et offrez-vous cette nouvelle renaissance, la première de la collection Insomnies qui nous en proposera sans doute d'autres, terribles.

Bibliographie