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Belle année, belle santé, belles lectures

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Une actualité de Sylvie
Publié le 30/08/2013

un oiseau d’eau sur un lac calmeDeux singuliers pour un pluriel : voilà les voeux du rayon Littérature pour cette année décimale que nous vous souhaitons dix fois meilleure que la précédente et dix fois plus enrichissante. Dix fois plus de livres aussi ? N'y allons pas trop fort, d'autant que la rentrée d'hiver qui débute dès mardi nous offrira de belles découvertes mais en moins grand nombre que l'an passé. Rassurez-vous, il s'agit quand même de quelques centaines de romans et récits, parmi lesquels nous essaierons  de découvrir le futur lauréat du Prix Printemps des Lecteurs Mollat pour sa quatrième édition.

Quelques petits livres pour commencer en douceur nous sont parvenus aujourd'hui dont ceux de Céline Minard, Boris Bergman, Véronique Bizot, Gilles Leroy, Mahi Binebine, Pascale Gautier, Arnaud Cathrine (ils arrivent au fur et à mesure que j'écris ce petit texte à la volée). Mais pour commencer nous aurons une pensée pour Emmanuelle Pagano qui posera sa trace blanche sur nos tables dès lundi  : elle compte quelques inconditionnels parmi nous, et avec L'absence d'oiseaux d'eau (POL), un roman épistolaire dont il "manque" un des correspondants, une histoire d'amour née de la littérature et de ses ratures, une invasion de la vie romanesque dans la vie réelle, elle risque surprendre une fois encore, surtout que le lien avec Bordeaux n'est pas si ténu qu'on le croit. Ecrire un roman à deux est un défi, un défi sur la durée, sur la résistance d'un contrat invisible mais n'en publier qu'une des parties, c'est-à-dire avouer l'échec de l'entreprise, voilà qui est étrange et stimulant, condamné que l'on est en tant que lecteur à remplir les vides, à en mesurer la périphérie et le vertige. La question lancinante qui se pose néanmoins est cette toute puissance de l'écriture : que faire d'une vie contaminée par les mots ? "Pourquoi j'écris ? Parce qu'écrire m'est indispensable pour vivre, le bonheur comme le malheur" : écrire possède un pouvoir et Emmanuelle Pagano nous le démontre avec cet homme qu'elle retient par ses mots tout en le chassant, un homme qui a choisi une vie d'exception celle de "l'écrivain total", "plus enchaîné à l'écriture" qu'elle, plus voué à la solitude. C'est ce dernier mot malgré tout qui s'impose : la littérature n'est-elle pas affaire de solitude, irrémédiablement ?  Absent du roman et pourtant fantôme permanent, c'est lui le héros de ce livre. Les oiseaux d'eau en étant absents, on lira donc cet essai d'ornithologie amoureuse sans crainte de s'envoler mais pas sans risque d'y laisser des plumes.

Bibliographie