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Bienvenue à Berazachussetts ?

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Une actualité de David V.
Publié le 30/08/2013

Bienvenue ? Pas certain. Si nous sommes en Argentine avec ce premier roman de Leandro Avalos Blacha traduit dans l'excellente et percutante maison Asphalte, ce n'est pas celle d'une carte postale riante et photogénique comme les Européens en raffolent. Et pourtant les clichés ne manquent pas dans Berazachussetts, sauf qu'ils proviennent d'un imaginaire surchargé de folie et de sang qui fait dans l'accumulation horrible, comme si tous les pulp fictions du coin s'étaient concentrés en un seul texte orchestré avec une évidente jouissance par un écrivain doué pour brouiller les codes. La zombie obèse et punk qui commence et finit l'improbable histoire qui nous est racontée avec force détails évolue avec un naturel qui nous installe assez vite dans la folie : elle mange ce qui lui tombe sous la main, se laisse faire quand un quatuor de mégères surexcitées décident de faire son bien sans mesurer la nature de leur invitée, va et vient au milieu d'une ville qui ressemblerait à un décor de studio pour soap opera si les fils de famille ne filmaient pas les viols qu'ils  font commettre à de pauvres diables, si les handicapés ne faisaient régner l'ordre sans ménagement, si la brutalité la plus caricaturale ne le disputait pas à la vulgarité la plus folle, si les cimetières ne se vidaient en un clin d'oeil de leurs occupants décidés à s'en payer une bonne tranche après des années d'ennui profond. Pas le temps de souffler avec Blacha qui a érigé l'explosion en principe littéraire et la fragmentation en bombe stylistique. Quant à vous raconter de quoi il s'agit, ce serait une fichue gageure et risquer d'éventer la délirante et joyeuse barbarie amorale qui règne sur ces pages dont on sort essoré et aussi, curieusement, nettoyé.... Car à force de dévoyer avec outrance les canons du roman traditionnel et ennuyeux, Blacha a inventé une manière noire et rouge sang, feu d'artifice qui saute à la figure du confortable lecteur prisonnier de clichés qu'ils souhaite voir répéter à l'infini. Berazachussetts ? Une bonne paire de baffes comme on devrait en ramasser plus souvent...

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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