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"Born in the USA"

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Une actualité de Emilie
Publié le 06/05/2013

Ce single de Bruce Springsteen nous a semblé être une belle entrée en matière pour aborder le roman d'Elliott Murphy qui vient de paraître aux éditions Joëlle Losfeld: d'abord parce que  Marty May est un livre sur la musique, écrit par un musicien -Elliott Murphy est en effet guitariste auteur compositeur; il a une trentaine d'albums a son actif- ensuite parce que Springsteen s'avère être un de ses plus vieux amis.

Au moment où le lecteur fait sa connaissance, Marty May n'est plus la grande star du rock qu'il a été -on peut dire que la cocaïne, tout comme le disco, lui ont été fatals. Nous sommes au début des années 80 et notre musicien survit dans son petit appartement de New York. Il s'ennuie terriblement, boit beaucoup de bières pour tuer le temps, et les bottes en peau de lézard qu'il porte aux pieds sont les seuls vestiges de sa gloire passée. S'il a débuté tout jeune - débauché du lycée par un bluesman avec lequel il a joué pendant plusieurs années- les divers albums qu'il a ensuite enregistrés pour sa carrière solo sont tous aujourd'hui déclarés "cutout" (c'est à dire retirés du catalogue car plus rentables). Harcelé par American Express qui lui réclame une somme d'argent rondelette, notre héros n'a plus un sou en poche mais il ne peut pas non plus se résoudre à trouver un petit boulot pour renflouer son compte -il n'a évidemment pas encore fait le deuil de son succès passé et rêve d'un come back détonnant.

On suit ainsi sur plusieurs mois le parcours chaotique de Marty, ses diverses tentatives pour renouer avec le monde de la musique comme avec celui de la gente féminine. Et l'on ne peut que dévorer le roman, non seulement parce qu'il nous offre un panorama exceptionnel de l'univers musical des années 70/80 mais aussi parce qu'il représente, à travers son héros d'emblée sympathique et profondément touchant, une expression de ce fameux "rêve américain".

C'est sous la forme d'une nouvelle que le personnage de Marty May a d'abord vu le jour en 1978, et l'on remercie chaudement Elliott Murphy d'avoir su développer son sujet dans ce roman, donnant ainsi l'occasion à son héros de rencontrer le public français.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?