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"ça va saigner!"

276_ca-va-saigner
Une actualité de David V.
Publié le 09/05/2013
tête de veauNon, il ne s'agit pas de notre cri de guerre en ce début d'été, que nous espérons le moins saignant possible, mais du titre de l'un des chapitres du premier roman à paraître de Bernard Jannin à l'enseigne de la fine maison Champ Vallon. Une vraie boucherie s'annonce comme l'une des révélations de la future rentrée, sans doute parce que son titre attire l'oeil et au milieu des étals fournis ce n'est pas un argument négligeable, sans doute aussi et surtout parce que sa qualité, de premier choix (il va falloir que l'auteur se prépare à toutes les métaphores et autres astuces que suscitera son histoire...), le distingue et qu'on ne le lâche plus une fois entamé. Végétariens et végétaliens s'abstenir : la profusion des termes charcutiers et bouchers, la richesse calorique des aventures de la famille Croquard à Monsac, l'immersion dans la France "viandarde" des années 50, une fois passée la période de vaches maigres, tout dans ce roman doit inquiéter les amateurs de fruits et légumes. Le roman est rythmé en morceaux, toujours des beaux, bien appétissants, qui nous permettent de suivre le quotidien du chef de famille, un boucher-charcutier de vocation (déjà à deux ans, il émerveillait la famille en se servant de pieds de cochons comme d'haltères), sa femme qui cultive un penchant sérieux pour la littérature vécue comme un vice secret, la belle-mère, Merlin l'abatteur enchanté, les clients et le caniche Troubadour dont les mélodies ne font rire que la grand-mère. Tout pourrait sentir la France moisie d'antan, tout respire la drôlerie avant de tourner au vinaigre dans la chambre froide. Et le moindre des talents de Bernard Jannin, dont son éditeur nous dit qu'il est réalisateur, n'est pas son style car le monsieur n'en manque pas : ses subjonctifs viennent se déposer sur sa nappe à carreaux avec une élégance qui a de quoi rassurer les cassandres annonciateurs du déclin du roman français. Et maintenant il va falloir patienter jusqu'à l'ouverture de la boucherie, en août...

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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