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Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

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Une actualité de Marilyn A.
Publié le 25/03/2016

Il ne faut pas avoir le choix ou beaucoup de courage pour changer de vie du jour au lendemain. Pour les aventuriers, l'excitation domine tandis que pour les autres ne restent que la résignation ou le chagrin. Elle sont nombreuses à embarquer pour les États-Unis et quitter leur Japon natal. La raison de leur départ est différente, mais le but identique : retrouver un mari qu'elles ne connaissent guère et tenter de se construire une meilleure vie. Dans leur valise, elles transportent un kimono de soi pour leur nuit de noce, un peu de la terre de leur pays et une photo de leur futur époux. Elles ne sont pas de la même classe sociale mais respirent le même air vicié sur le bateau. Elles rient, elles pleurent, elles ont peur, elle attendent avec une certaine impatience l'heure du débarquement. On a beau se renseigner ou imaginer avec sérieux comment peut être une terre, ce n'est jamais à la hauteur de nos espérances. Les maris ne sont pas exactement ceux de la photo, la vie n'est pas celle qui avait été décrite dans les lettres, la langue plus difficile à apprendre que ce que l'on pensait. Certaines s'en sortiront avec brio, d'autres moins, voire pas du tout. Le travail est parfois difficile, les patrons antipathiques et la vie maritale loin du conte de fée. Impossible d'imaginer rentrer au pays, il leur faut penser que des jours meilleurs viendront et qu'elles finiront par aider leur mère vers qui vont toutes leurs pensées. Le prochain roman de Julie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer, est un petit bijou littéraire. Écrit à la première personne du pluriel, il nous donne l'impression d'écouter la pensée de toute une communauté, avec de temps en temps une voix qui se détache des autres comme pour crier son individualité. Un ouvrage qui se lit sans interruption et qui éveillera la sensibilité de tous.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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