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N'essuie jamais de larmes sans gants de JOnas Gardell, ed Gaïa.jpg
Une actualité de Emilie
Publié le 14/11/2016
"N'essuie jamais de larmes sans gants". Ce sont les recommandations qu'une infirmière formule à sa collègue. La scène se passe dans un hôpital de la banlieue de Stockholm. L'homme dont elles s'occupent est couvert de taches violacées, il est aussi d'une maigreur effrayante. On ne sait s'il pleure de douleur ou de chagrin.
Le dernier roman de Jonas Gardell, que les éditions Gaïa viennent de publier, nous plonge dans le Stockholm des années 80 à travers les parcours de Rasmus et Benjamin. L'un est étudiant et vient de s'installer dans la Capitale. L'autre est témoin de Jéhovah et occupe ses journées à faire du porte à porte. Les deux jeunes hommes se découvrent homosexuels, et la ville apparaît alors pour eux comme un formidable moyen de faire des rencontres et de s'intégrer à une communauté.

Au fil de presque 600 pages, Jonas Gardell dresse une cartographie fascinante du Stockholm de l'époque. A travers toutes les déambulations de nos héros dans la ville, il compose une très belle Carte du Tendre pour des hommes en quête d'émotions. Les lecteurs qui ont eu la chance de voir, ou de lire, la pièce de Tony Kushner intitulée Angels in America - qui évoque l'Amérique de ce qu'on a appelé "les années Sida" et notamment le milieu des Mormons- pourront établir de nombreuses correspondances avec le livre de Jonas Gardell.
Roman puissant, où la dimension tragique affleure d'emblée, grand roman d'amour aussi, "N'essuie jamais de larmes sans gants" est en passe de devenir un livre culte.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?