Chargement...
Chargement...

Circé, de Madeline Miller : Votre été sera mythique !

0327-CIRCE-couv.jpg
Une actualité de Lucie
Publié le 10/07/2018
La belle saison est propices aux belles lectures qui nous font décoller vers d'autres horizons. Promesse tenue par ce nouveau livre de Madeline Miller, Circé, qui continue de nous enchanter en revisitant la mythologie grecque. Si son précédent roman, Le chant d'Achille, racontait la douce histoire de Patrocle et du Péléide dans le feu de la guerre de Troie, son nouvel opus s'attarde cette fois sur un personnage féminin.
Circé, fille du Titan Hélios et de la nymphe Perséis, semble n'avoir hérité ni du pouvoir colossal de son père, ni de la beauté et la ruse de sa mère. Moquée par les siens, mais résolue à appartenir à ce monde olympien dont elle descend, elle n'aura de cesse de prouver sa valeur. Et pour cause : Circé se révèle experte dans l'art de la métamorphose et du maniement des poisons. Dieux, titans, nymphes : aucun de ces êtres puissants ne peut rivaliser avec le talent de la magicienne. Par jalousie, elle transforme une nymphe en monstre marin. Par amour, elle change la nature d'un mortel pour en faire un dieu. Effrayée par ces éléments qu'ils ne maîtrisent pas, les puissants exileront Circé sur l'île d'Aéa : c'est dans cette solitude imposée que Circé deviendra la plus puissante enchanteresse du monde grec. C'est également dans ce lieu, qui deviendra son sanctuaire, que Circé va approfondir sa connaissance de l'être humain. Fascinée par la force de ces créatures des bas-fonds qui tentent de dépasser leur condition tout en sachant qu'ils n'y parviendront jamais, elle poussera son exploration jusqu'à en subir les conséquences. Au cours de sa (très) longue vie, elle influencera ces personnages qui bercent nos récits depuis des millénaires : Ulysse, Jason, Médée, Icare ...

Madeline Miller écrit l'histoire moderne d'une femme libre, indépendante, avide de savoirs, qui fut trop longtemps représentée en sorcière malveillante ou enchanteresse démoniaque : ce personnage mal compris retrouve ici toutes ses lettres de noblesse à travers sa merveilleuse prose. Miller utilise à bon escient les éléments des deux mythes, grec et romain, et à travers un suspens très bien mené, elle dresse une fresque épique, tantôt sauvage, tantôt mélancolique, toujours mystérieuse. Sa grande force est aussi de réussir à plonger le lecteur dans un monde qui ne lui est pas forcément familier : nul besoin de relire Homère pour apprécier ce livre à sa juste valeur ! Et, si vos souvenirs homériques sont quelques peu lointains, nul doute qu'en refermant Circé vous n'aurez qu'une envie : relire vos classiques.

Si vous souhaitez un été envoûtant, enchanteur, mythique : ce roman est fait pour vous !

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (131)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (123)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !