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Comment vivre au-dessus de ses moyens et mourir à moindre frais

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Une actualité de David V.
Publié le 24/08/2013
Jo Nesbö
A propos de Chasseurs de têtes de Jo Nesbö.

Comment vivre au-dessus de ses moyens et mourir à moindre frais.

 

Loin du cynisme grand public californien d’un Breat Eston Ellis ou autre, ce one-shot norvégien met en scène des golden-boys avec tout le mérite qui leur est dû.

Pour Roger Brown, être un parvenu, représente une activité à hauts risques, avec un rapport coût/plaisir extrêmement désavantageux. Le gadget le plus coûteux qu’il puisse s’offrir étant sa belle femme, faisant bonne figure à côté de lui, offrant tous les bons prétextes pour pavaner dans la galerie d’art du centre ville qu’elle s’est fait offrir afin de compenser l’absence d’un enfant fermement refusé. Ce point de désaccord entre lui et sa femme fera de Roger Brown un habile voleur d’œuvres d’art et un tueur improvisé.

Comptant sur la bonne foi du lecteur de romans noirs qui a déjà abandonné la première lecture de cette notule, laissez-moi répondre à la question que vous vous posez désormais, à la seconde lecture : dois-je continuer ce livre de yuppies, malgré les cinquante premières pages un peu mollassonnes, ou pour tout dire, pas franchement noires? La réponse est oui. Sur ce les puristes retournent à leur lecture sans attendre leur reste et les autres se demandent à quelle sauce ils vont être mangés.

HODEJEGERNE. C’est le titre original (à qui le dîtes vous !) C’est du norvégien. Si un norvégien met cinquante pages avant d’entrer en action c’est qu’il a besoin, au préalable, d’enfiler son parka et ses moufles, mais une fois en course, il est un concurrent imbattable. Imaginez un Georges Gerfaut (Le petit bleu de la côte ouest) parachuté dans le grand nord, traqué autant que traqueur, avec la ténacité d’un Parker.

Roger Brown est un chasseur de têtes. Il trouve les personnes idéales à la bonne gestion d’une entreprise et les place sur le grand échiquier du marché libre. C’est son métier de dénicher les gens, et de leur faire dire ce qu’il a envie d’entendre (notamment grâce à l’infaillible méthode Inbau, Reid and Buckley). Et il est le meilleur de sa catégorie. D’où les cinquante premières pages plutôt bénignes.

Tout le sel se révèle lorsque la traque s’organise entre professionnels de la profession, à enjeux multiples : femme, argent, pouvoir (une seule place sur le podium). Alors, Brown doit faire face à l’inquisition et prouver qu’il appartient aux meilleurs des meilleurs (Rappelons pour mémoire qu’un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien).

Pour ceux qui en sont à la troisième lecture de cette notule, postérieure à la lecture du livre lui-même, vous pouvez facilement répondre à cette question : Est-il possible d’écrire un roman noir efficace dont le héros est monogame, abstème et court sur pattes ?

PS : Pour mettre l’eau à la bouche des curieux et des coprophages en tous genres, une scène du livre vous donnera pleinement satisfaction.

 

Cyril Gay

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