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Confession d'un enfant du siècle

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Une actualité de Emilie
Publié le 04/04/2013

2013 devait être l'année Bauchau. En janvier, le poète, écrivain et dramaturge belge aurait eu cent ans et son éditeur, Actes sud, avait prévu de lui rendre un hommage tout particulier. Disparu en septembre dernier, l'auteur n'est malheureusement plus là pour prendre part à cette célébration mais la parution en ce début d'année du deuxième tome de L'Enfant rieur  intitulé Chemin sous la neige nous offre une ultime occasion d'écouter la parole de cet écrivain et psychanalyste, de ce grand sage qu'était Henry Bauchau.

Dans ce récit autobiographique, l'auteur revient sur la période cruciale qu'a représenté pour lui la Seconde Guerre Mondiale. Dès le lendemain de la défaite de 40, Bauchau a choisi de s'engager pour la reconstruction de son pays  en créant  le Service des Volontaires du Travail Wallon, un mouvement revendiqué apolitique qui sera quelques années plus tard récupéré par l'Occupant. S'il a rapidement choisit de démissionner et n'a jamais travaillé avec les Allemands, s'il s'est engagé très tôt dans la Résistance, Bauchau n'a pourtant pas toujours été bien perçu de ses compatriotes qui l'accuseront à tort de collaboration. La méconnaissance de son action pendant le conflit et l'absence de soutien de  ses pairs marqueront une blessure profonde dans son existence.

Marié et père de famille, c'est aussi à cette époque qu'il fait la rencontre de Laure, une femme qui va bouleverser sa vie et qui l'accompagnera dans sa formation d'écrivain. L'auteur évoque ensuite les années d'après guerre, son travail dans le monde de l'édition, plus précisément dans la distribution de livres. Il retrace ainsi sa vie sur plus d'une dizaine d'années, période de remises en question, de ruptures -avec sa femme notamment-, de souffrances, période marquée aussi par sa rencontre avec la psychanalyse. Et c'est ce chemin sinueux parcouru, ce fameux "Chemin sous la neige", qui le conduira à l'écriture.

Il y avait une urgence pour Bauchau à faire publier ce texte, faire entendre sa parole, son témoignage sur la période si trouble qu'a représenté pour lui la guerre. C'est très affaibli, à bout de force, qu'il a dicté ces pages. Dans la présentation au début de l'ouvrage, l'éditeur insiste sur le caractère inachevé de ce récit, récit qui n'a pas non plus la qualité littéraire de ces précédents romans. Chemin sous la neige n'en demeure pas moins un témoignage vibrant, dont les failles comme la perfectibilité rendent le texte d'autant plus touchant et fort et apportent un éclairage nouveau sur l'ensemble de l'oeuvre de Bauchau.

 

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