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Coup de coeur des libraires du polar : Pete Dexter

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Une actualité de Karine G.
Publié le 15/03/2016

 

Pete DexterDialogue entre libraires du polar, Olivier et Karine présentent un livre qu'ils ont tous deux aimé : God's Pocket de Pete Dexter, paru aux Editions de l'Olivier

K : God's Pocket est le premier livre de Pete Dexter que je lis, et je suis très impressionnée... C'est un grand roman noir, dur, implacable.

O : J'ai lu les autres. Il s'agit là de son premier roman, qui n'est traduit en français que maintenant (en 2008) alors qu'il date de 1983!

K : Le premier paragraphe est époustouflant ! Le ton est donné, l'histoire est amorcée, inéluctable.

O : Citons-le !

«Leon Hubbard mourut dix minutes après le début de sa pause déjeuner le premier lundi de mai, sur le chantier de construction du nouveau pavillon de traumatologie du Holy Redeemer Hospital, dans le sud de Philadelphie. D'une manière ou d'une autre, il était condamné à perdre sa place.»

O : Précisons que ce cher Leon est une petite frappe profondément haïssable, qui aime à jouer du rasoir...

K : Sa mort résonne comme une onde de choc qui va se répercuter sur tout un quartier. Il faut savoir que le titre du livre God's Pocket, qu'au départ je pensais métaphorique, est en fait le nom de ce quartier de Philadelphie où se déroule l'histoire.

O : Il va alors devenir l'icône du quartier qui veut savoir la vérité sur sa mort, on lui attribue des qualités qu'il n'a jamais eues, ainsi que des actes qu'il n'a jamais commis... Il devient un héros postmortem. Pour l'anecdote, Philadelphie est aussi la ville de David Goodis, autre grand du polar.

K : Il y a un côté tragédie, avec la foule qui s'enflamme, un acte de lynchage, mais aussi un versant burlesque, tellement absurde qu'on peut aussi en rire. Je pense à la scène où le corps de Leon est jeté hors de la morgue, faute d'argent pour payer l'enterrement, et se retrouve transporté dans un wagon frigorifique, au milieu d'un stock de viande !

O : Je pense aussi à la scène de collecte pour les funérailles.

K : Les personnages ont tous une épaisseur, une densité psychologique. Ils vivent vraiment, l'auteur nous les donne à ressentir jusque dans leur intériorité.

O : Difficile en effet de les oublier. Par exemple, le portrait au vitriol du journaliste Richard Shellburn, à la recherche de la vérité à tout prix.

Fin de ce dialogue... Les libraires retournent à leurs occupations, espérant avoir passé une parcelle de l'immense plaisir de lecture qu'ils ont trouvé dans ce God's Pocket .

 

 

 

 

 

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