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"Coupables" de Ferdinand von Schirach aux éditions Gallimard

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Une actualité de Anaïs
Publié le 01/06/2013
  C'est amusant la vie. On se laisse surprendre à des endroits où l'on n'aurait pas cru être atteint.

Comme lorsque l'on va au cinéma, sans conviction, parce qu'on est devant le cinéma, on choisit un film, sans conviction, on assiste à la projection, on en ressort, pensant aux faiblesses du scénario, aux maladresses du jeu des acteurs.

Et puis les jours passent, et l'on se rend compte que ce film positivement "oubliable", on en a parlé à tous ses amis/collègues/famille, on y pense depuis quatre jours. Qu'une scène, ou deux, ou une idée, nous hantent. Et petit à petit, ce film, dans notre esprit, passe de "quelconque", "médiocre", à "bon film".

Qu'est-ce qu'un « bon livre » ? Un bon livre  c'est un livre où l'on trouve ce que, à un moment précis de sa vie, on cherche. Du génie, du réconfort, de la légèreté, des échos avec sa propre existence… Et parfois, un bon livre  vous tombe dessus, sans que vous ne l'ayez cherché.

Après ce prologue, je peux donc annoncer la couleur : Coupables, écrit par Ferdinand von Schirach, a été mon dernier bon livre.

Je l'ai commencé sans y croire, dans le train. Des nouvelles présentant à chaque fois une affaire judiciaire, voilà l'idée que l'on peut rapidement se faire de Coupables. Et puis, tout doucement, on se surprend à faire une petite pause entre chaque nouvelle, chaque exemple de la dérive d'un homme, ou d'une femme. Et l'on est frappé par la fluidité, la rapidité, avec laquelle les personnages passent "d'innocents", à "coupables", ou en tous cas "criminels". Frappé de la rapidité avec laquelle d'autres personnages passent d'être humains "normaux", à victimes. Et cette petite phrase commence à vous hanter "que celui qui n'a jamais pêché leur jette la première pierre". Les histoires s'enchaînent, l'écriture ne vous marque pas spécialement, vous ne parlerez pas de ce livre pour la beauté de sa prose, la puissance de ses phrases. Non. Vous tenterez de parler de ce livre, parce qu'il réveille en vous l'idée qu'être "innocent" ne va pas de soit, qu'être "sociable", ne va pas de soit, et vous aurez les yeux perdus dans le vide en essayant de comprendre ce qu'est la Justice. Vous repenserez à certains moments de votre vie et admirerez, avec effroi, que la limite entre l'innocence et le crime, est mince.

Ferdinand von Schirach est avocat spécialiste du droit criminel. Après Crimes publié en 2011 aux éditions Gallimard, un recueil de nouvelles, basées sur des cas provenant de ses archives, Coupables est son second livre traduit en français.

 

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