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"Dans la fièvre et dans le sang"

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Une actualité de Emilie
Publié le 17/07/2014

splendourC'est sans doute parce qu'elles ont toujours su laisser planer autour d'elles un certain mystère que les stars de cinéma n'ont cessé d'intriguer  - et d'inspirer les écrivains.

Après Michel Schneider et Marilyn - Marilyn dernières séances, disponible en Folio- , Simon Liberati et sa Jayne Mansfield 1967, ou encore plus récemment Colombe Schneck et Brigitte Bardot  avec  Mai 67 (une année décisive décidément!), voici que Géraldine Maillet s'attaque à l'une des icônes les plus sensuelles des années 50 et 60 : Natalie Wood.

D'elle, on retient évidemment ses prestations dans "La Fureur de vivre", dans "West side story", ses amours tourmentées aussi, avec Nicholas Ray, Robert Wagner qu'elle épousera deux fois (!) ou encore Wearen Betty, et puis aussi sa tragique et mystérieuse disparition, en novembre 81.

Un scénario des plus romanesques, que l'on peut rappeler ici, pour ceux qui ne s'en souviennent pas : Elle disparaît la nuit de Thanksgiving, alors qu'elle est à bord du yacht le Splendor -un nom qui dès le lendemain du drame a dû prendre toute sa dimension funèbre. Elle est  en compagnie de son mari, Robert Wagner, et de son amant de l'époque Christopher Walken. On la retrouve noyée le lendemain, près de l’île californienne Santa Catalina.

Dans Splendour, Géraldine Maillet revient évidemment sur les circonstances si suspectes du drame, mais elle élargit le spectre et imagine ce qu'ont pu être les quelques heures de l'actrice avant sa disparition, brossant ainsi le portrait d'une femme aux multiples fêlures: Poussée devant la lumière dès son plus jeune âge par une mère maltraitante, obsédée par un besoin insatiable d'amour et de reconnaissance, elle est âgée de plus de 40 ans au moment des faits et a comme le sentiment que sa carrière n'a pas été à la hauteur des plus grandes (comme Marilyn par exemple).

Dans ce texte, Géraldine Maillet a construit une lecture en deux temps:  Le corps du texte principal est un récit litanie, une plongée dans les pensées de l'actrice où l'écriture de Géraldine Maillet colle au plus près de son héroïne. Au dessous, des notes en bas de pages assez conséquentes expliquent le contexte et comblent les trous dans la biographie de l'actrice. Ce livre trouve évidemment toute sa place dans la très pertinente collection "Ceci n'est pas un fait divers" inventée par Grasset -dont on retient par exemple le terrible Bordeaux-Vintimille de Jean Baptiste Harang, qui a fait lui aussi l'objet d'un précédent blog http://blogs.mollat.com/litterature/2013/01/25/toulouse-vingt-cinq-minutes-darret-pret/.

Géraldine Maillet nous livre ici un texte confession, profondément féminin, qui nous plonge tour à tour dans les fastes années 60 et les froides eighties de "l'Amour du risque", un texte lancinant, comme l'a pu être tout autant la chanson  reprise par Jil Caplan autour de cette même Natalie Wood : "Saute dans le vide mais, ressaisis-toi dans l'air"... Souvenez-vous...

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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