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De l’immoralité de la peine de mort

Le blues de la Harpie - Joe Meno - éditions Agullo
Le blues de la Harpie - Joe Meno - éditions Agullo
Une actualité de Marilyn
Publié le 26/01/2017
Le pardon, voici le thème central du roman de Joe Meno, "Le Blues de La Harpie" (éditions Agullo). Son personnage, Luce Lemay, sort de prison et retourne dans sa ville natale dans l’espoir de reprendre une vie normale. Mais les gens qui le connaissent et qui savent ce qu’il a fait, vont-ils le laisser faire ?
Nous faisons tous des erreurs, plus ou moins grave. Celle de Luce est d’avoir renversé un landau avec sa voiture après avoir commis un braquage. Le bébé, bien évidemment, ne survit pas.

« Il est des blessures qu’on ne peut jamais panser.
Il est des blessures qu'on ne peut jamais chasser."

Il faut être un véritable psychopathe pour hausser les épaules et passer à autre chose après ce type d’événement. Lui, dans sa cellule et pour le restant de ses jours, aura des remords.

Sa détention prend cependant fin et il lui faut bien se réinsérer dans la communauté. Se loger, travailler, avoir des amis – bien que ces derniers soient tous sortis de la même prison – tout est bon pour éviter de trop penser.

« J’avais cessé de dériver au gré du courant. »


Tant bien que mal, Luce reprend goût à la vie. Dans la station service qui l’engage, il apprend un métier et à avoir des responsabilités. Il reprend contact avec d’anciennes connaissances, tombe même amoureux et envisage un autre avenir que celui difficile de l’éternelle rédemption. Après tout, sa dette, il l’a payée.

Cela semble presque trop facile. Son ami Junior, un ex-détenu sensible mais aux mœurs étranges, connaît plus de difficultés. Son crime reste très présent à son esprit. Il se le remémore comme pour témoigner du respect à sa victime. Emprisonné, il le sera pour toujours.

« Ni un bon vieux coquard ni une dent en moins ne sauraient raisonner une maîtresse aussi cruelle que la Fatalité. »


Il faut croire les regrets insuffisants. Quand ils apprennent leur passé, il est impossible pour les habitants de les laisser en paix. Un homme qui commet un meurtre, que cela soit intentionnel ou non, doit payer bien plus cher qu’avec quelques années derrière les barreaux. S’il y a une justice, peut-être le payera-t-il de sa vie ?

Certains actes sont impardonnables aux yeux des hommes, mais être coupable signifie-t-il payer pour le restant de ses jours ? Et si ce n’était que justice après tout de tuer le meurtrier, qu’adviendrait-il des bourreaux ? Eternel débat dont chacun se fera son propre avis.

Ce roman noir traduit de l’anglais par Morgane Saysana nous interroge sur l’existence de la seconde chance, sur notre capacité à se pardonner et à pardonner aux autres. Encensé par Hubert Selby Jr., Le blues de La Harpie est le premier livre de Joe Meno traduit en français. Nous devrions découvrir le second en 2018.

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Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !