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De l'impermanence...

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Une actualité de Karine G.
Publié le 25/03/2016

Il suffit parfois d’un peu de poésie pour changer une vie. Une poésie simple, diffuse, qui vient illuminer notre existence pour la transformer à jamais. Dans le roman « Le chat qui venait du ciel » de Takashi Hiraide, il s’agit tout simplement d’un chat. Un petit chat qui rend régulièrement visite au narrateur et à sa femme, nouveaux acquéreurs du pavillon d’une ancienne demeure japonaise au jardin immense. Le jeune couple va très vite nouer une étroite et étrange relation avec le félin, dont la clochette qu’il a autour du cou sera annonciatrice de douceur et de tendresse, aussi délicates que profondes. A l’image du jardin, le chat s’épanouira, devenant de plus en plus sauvage tout en préservant le lien qui l’unit avec les êtres humains. Ses apparitions seront fugaces, feutrées. Il fera tout son possible pour ne pas se faire remarquer lorsqu’il ira dormir sur le dessus de l’armoire, ou qu’il viendra se coucher tout à côté du narrateur, aussi discret que l’animal même si son cœur en bondit dans sa poitrine. Il rythmera leur existence, l’embellira, s’intégrant comme un membre à part entière de la maison. Il sera l’incarnation de la joie et de la grâce du foyer. Une beauté de l’existence, un bonheur parfait, en somme, mais la poésie japonaise est comme la vie : elle a ses lois et ses contraintes. La philosophie des fleurs de cerisier n’aura jamais été aussi propice à un roman. Le bonheur, la vie sont comme un passage en sursis, éphémères, sans but, et pourtant magnifiques, dignes d’être célébrés. De si petites choses comme le miaulement d’un chat qui gratte à la fenêtre ou la douceur de sa patte sur notre poitrine ne sont là que pour être belles. Takashi Hiraide, d’abord poète, rend hommage avec douceur à ces petits bonheurs félins dans son premier roman, largement autobiographique.

Contribution au blog par Marie Guillaud-Rollin