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De la beauté dans l'ignominie

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Une actualité de Marilyn
Publié le 04/06/2016
roseQuand vous l'ouvrez, vous ignorez où vous mènera un livre (si vous le savez, nous ne saurions trop vous recommander de le reposer). Vous pourriez le remarquer grâce à sa couverture, passer les premières pages pour son style et le finir car il vous aura complètement hypnotisé. Ce pourrait être le cas ici avec Rose minuit (éditions Allia).

On ne devrait pas vieillir

Que l'on se sente jeune dans sa tête ou que l'on déborde d'énergie, la vieillesse apporte son lot de désagréments. Dans les premières pages de ce roman, le narrateur, qui un instant avant se trouvait dans sa cuisine, se réveille sur un lit d'hôpital. De prime abord, cet homme nous apparaît comme un coquin. Il aime les jolies femmes, la jeunesse, le beau. S'affaiblir est un véritable calvaire, lui dire de se préoccuper de sa santé, une insulte.

Aimer ne suffit pas toujours

Par le passé, il a connu l'amour, le véritable amour. Mais comme il est souvent le cas dans les histoires passionnées, cette relation fut de courte durée. De ce mariage est né une fille que le narrateur rend responsable de la mort de sa femme. Depuis longtemps, père et fille vivent chacun de leur côté. Cet instant de convalescence à l'hôpital serait le moment idéal pour se réconcilier et pour partir sans regret. Elle l'a compris, lui pas. Et la voir ranime sa douleur et sa rage, aussi fait-il semblant d'être face à une inconnue pour lui faire payer ce dont elle est pourtant innocente. Elle accepte les termes du jeu. Patiemment et honnêtement, elle répond à ses questions, espérant lui faire entendre raison. D'humiliation en humiliation, elle se confronte à l'image que le vieil homme se fait d'elle et essayera de lui prouver qu'il a tort de la manière la plus déshonorante qui soit. Parfois, il faut seulement rompre tout contact avec sa famille.

Être ou ne pas être le centre du monde

Ce livre essentiel est bien plus qu'un roman sur les liens familiaux. Nous sommes à la découverte d'un personnage odieux, le parfait reflet de ces êtres capables de prononcer les pires atrocités sans jamais être arrêtés par leur conscience. On parlemente, on tente de leur ouvrir les yeux, on échoue. L'individualisme reste le plus fort. Rose minuit est un texte intelligent et perspicace, écrit dans un style parfaitement maîtrisé et d'une beauté qui vous incitera à le lire à voix haute.
Marina de Van n'entend pas donner de leçon mais rappelle simplement que la littérature existe pour nous faire réfléchir, et pas seulement pour nous divertir, nous prouvant également que la beauté ne se trouve pas nécessairement dans le beau.
  Ces personnages qu'on préfère rencontrer dans les romans : Le destin de Mr Crump de Ludwig Lewishon : http://urlz.fr/3FCW Mont-Dragon de Robert Margerit : http://urlz.fr/3FCX La somnolenceI de Jean-Pierre Martinet : http://urlz.fr/3FD1  

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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