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Derrière les apparences

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Une actualité de Gwénaël Rocher
Publié le 24/11/2014

FérocesA première vue, les Goolrick incarnent parfaitement la famille des fifties telle qu'on pourrait l'imaginer. Une élégance toute fitzgeraldienne, de l'esprit, des cocktails qui rythment les jours, aucun doute, cette famille sait recevoir, et on rêve secrètement de faire partie du cercle des intimes afin de bénéficier de son rayonnement.

Mais, derrière les apparences, il y a les secrets de famille que l'on ne dévoile pas, de peur de troubler cette belle illusion qui conforte et réconforte finalement tout le monde. Car la vérité fait peur, on n'est pas toujours prêt à l'entendre ou à la comprendre. C'est ce que se dira certainement le lecteur de Féroces, l'autobiographie de Robert Goolrick, qui ressentira alors un certain malaise devant autant de discordances entre le cercle public et le cercle privé. D'une plume limpide, acérée à l'extrême, l'auteur opère par petites touches concentriques, et nous ballade du passé au présent à une cadence infernale. Le propos n'en est que plus violent, l'innocence de l'enfance côtoyant, parfois dans une même phrase, les problèmes de couple, d'alcool, de drogue, de suicide, de maladie - la liste complète nous entrainerait dans un inventaire à la Prévert - de l'adulte fragile et désemparé qu'il est devenu.

Certes, vous l'aurez compris par vous-mêmes, ce n'est pas le roman de la rentrée littéraire qui vous arrachera le plus de fous rires. Mais cette histoire personnelle, écrite pour sortir de cette insoutenable sidération de l'être, ne manque pas de faire écho en chacun d'entre nous. Les différents heurs et malheurs qui semblent s'abattre frénétiquement sur Robert Goolrick ont de quoi bousculer le lecteur, mais jamais il ne le plombe. Car ce qui domine en filigrane, c'est ce message d'espoir qui nous enseigne que, malgré tout, on est toujours maître dans notre propre maison, toujours responsable de nos choix et de les assumer ou pas. Féroces est un de nos premiers chocs de cette rentrée littéraire, un de ces chocs que l'on pourrait qualifier de nécessaire et qui permet au lecteur d'expédier ses préoccupations de vie vers des sphères beaucoup plus élevées.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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