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Des roses nées pour Tatiana

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Une actualité de Gwénaël Rocher
Publié le 19/03/2016

RoseParis n'a pas toujours été la plus belle capitale au monde. Jusqu'au milieu du XIX siècle, les rues de Paris étaient insalubres, sombres et étroites. La puanteur ambiante immortalisée dans Le parfum de Süskind mettait à l'épreuve les odorats les plus délicats. Sous l'impulsion de Napoléon III, le baron Haussmann a redessiné la ville afin de l'embellir et fournir à la France la capitale qu'elle mérite. Sauf que le célèbre préfet avait l'obsession de la ligne droite, le culte de l'axe, ce qui a entrainé de nombreuses destructions et restructurations. Les expropriations abusives et les pratiques douteuses qui privilégient certains propriétaires fortunés ont finalement fourni un bilan plutôt mitigé de son action. C'est ce Paris en révolte, ce Paris des petits propriétaires spoliés par les puissants qui est mis à l'honneur dans Rose, le dernier roman de Tatiana de Rosnay, qui vient de paraître aux éditions Eloïse d'Ormesson.

Alors que les bâtiments alentour s'écroulent pour laisser place à ce qui deviendra le boulevard Saint-Germain, Rose refuse de quitter son domicile. Les fidèles lecteurs - de plus en plus nombreux - de Tatiana de Rosnay auront compris qu'il ne s'agit pas seulement d'une banale histoire de murs, mais surtout de la signification qu'ils incarnent. Car, selon le célèbre adage, les murs ont une mémoire. Et c'est pour cette mémoire-là, ces souvenirs qu'elle contient, que Rose va se lancer dans une lutte perdue d'avance. Elle sera aidée par Alexandrine, une fleuriste qui lui apprendra le langage des fleurs et monsieur Zamaretti, un libraire qui l'initiera à quelques grands auteurs comme Zola, Balzac et Baudelaire.

Tatiana de Rosnay rend un hommage poignant et sincère au vieux Paris oublié, avec son lot de petits métiers et de fiacres cahotants. Son style, toujours enlevé, simple et précis, sert magnifiquement ce roman épistolaire chargé d'émotions. Gageons que la prochaine fois que vous vous promenerez du côté du café de Flore, vous penserez à ce beau roman.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?