Chargement...
Chargement...

Dieu nous a abandonnés

5466_dieu-nous-a-abandonnes
Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 29/05/2013

Un jeune homme de 26 ans rentre en Australie après dix ans d'absence. Défiguré par une énorme cicatrice sur la partie inférieure de son visage et atteint de troubles auditifs, Quinn Walter n'est plus le même homme. Parti en catastrophe de la petite bourgade de Flint, en Nouvelle-Galle du Sud, sans trop savoir où aller ni que faire de ses mains d'adolescent, il a su se rendre utile en s'enrôlant dans le camp allié au moment où a éclaté la Première guerre mondiale. Mais nous sommes désormais en 1919, il faut donc songer à retourner au pays. Tandis que ses semblables sont ivres de joie à l'idée de pouvoir enfin revoir leurs proches après avoir frôlé la mort de si près, lui sait que le pire est à venir. "Des souvenirs des lectures que sa mère lui faisait lui revenaient, et il jugea que les Grecs de l'Antiquité auraient dû savoir gré aux dieux de les empêcher de rentrer au pays après la guerre de Troie. Le retour du guerrier était assurément plus pénible que le départ." Poussé par le besoin de "réparer quelque chose", notre fugitif au déguisement de héros va se rapprocher de son village natal alors que règne partout une ambiance de fin du monde. L'épidémie de grippe espagnole a causé de véritables ravages et les survivants restent pour la plupart cloîtrés chez eux.

Peu enclin à risquer une confrontation avec les responsables des atrocités dont on l'avait accusé à tort sans qu'il n'ait le courage de se démentir quoi que ce soit, notre homme erre à la périphérie de la ville, dormant dans les bois la nuit, et rendant visite à sa mère malade la journée. Il s'agit d'expliquer à la pauvre femme qu'en dépit des apparences et de ce qu'on lui a fait croire pendant si longtemps, il n'est en rien coupable des horreurs qui sont arrivées à sa petite sœur, alors âgée de douze ans. Et cependant qu'il s'approprie peu à peu les bois environnants, sa rencontre avec une mystérieuse petite fille lui réserve bien des surprises.

Roman de la déréliction, de la fin du monde, Les affligés est la première traduction française d'un jeune auteur australien dont le talent a déjà été salué par la critique dans son pays natal. Avec son ambiance étonnante qui flirte volontiers avec le fantastique et ses nombreuses références au genre du conte et aux livres pour enfants, il promet sans aucun doute de vous surprendre, tandis que son étrange duo de personnages à la dérive ne manquera pas de vous hanter pendant quelques temps. Bref, une voix unique à découvrir !

F.A.

   

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (119)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !