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Dr Stevenson et Mr Maffre

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Une actualité de David V.
Publié le 09/05/2013

Les chambres du cerveauLe mariage entre roman et Bandes dessinées, s'il nous vaut parfois des révélations, engendre souvent lieu de terribles adaptations, sans relief, de chefs-d'oeuvre qui se retrouvent amoindris par une interprétation a minima. Alors autant marquer son plaisir à la découverte d'une superbe B.D. qui magnifie la nouvelle dont elle s'est inspirée pour créer une oeuvre originale. Laurent Maffre a compris dans Les chambres du cerveau qu'il tenait avec la nouvelle de Stevenson Markheim une occasion de donner une dimension visuelle particulière à ce conte gothique qui joue sur le phénomène de dédoublement. Fable noire sur la rédemption, Les chambres du cerveau nous confronte au problème du mal en la personne d'un médiocre, criminel par nécessité et par paresse, qui commet l'irréparable et s'interroge sur la poursuite de sa vie : continuer ? Pourquoi ? C'est son double, un masque grimaçant de lui-même (et curieusement -exagération ?- on trouve au protagoniste comme un air de Stevenson épuisé...) qui va se charger d'instiller dans son âme au bord de la destruction le doute immonde pendant que s'égrènent les secondes qui le rapprochent d'un supplice auquel il ne pourra échapper s'il ne se décide pas à fuir... Tout est peint comme au fusain (on excusera notre incompétence dans le domaine technique), noir envahissant au milieu duquel une flaque de lumière, faible, vient éclairer le tourment de notre demi-fou. Les persiennes closes d'où perce une nuit claire créent cette ambiance mortifère ; le halo de la bougie creuse sur les visages des protagonistes comme des masques de cire molle ; la déconstruction de la page permet de reproduire cette impression de halètement, de suspens. Et la fin dont nous ne dirons rien sinon qu'elle est aussi morale que le voulait l'époque est un modèle d' intelligence narrative ! quelle manière de conclure : une véritable leçon pour... écrivains.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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