Chargement...
Chargement...

Et rien d'autre que James Salter

14550_et-rien-d-autre-que-james-salter
Une actualité de Anaïs
Publié le 29/03/2016
salterC'est quoi une vie ? Quels sont les évènements déterminants de votre existence ? Quelles ont été vos erreurs ? Vos joies ?

Pour son dernier roman, James Salter, décédé cette année, a entrepris de traverser toute l'existence d'un homme, Philip Bowman, né à la fin des années vingt aux États-Unis. Veteran à vingt ans, Bowman entreprend des études à Harvard et termine sa quête professionnelle comme éditeur à New York. Un mariage aveugle et quelques années plus tard, Philip est un homme, qui continue de chercher, avec une profonde sensibilité, l'émotion d'une rencontre extraordinaire, le bouleversement d'une histoire d'amour. Mais Et rien d'autre ne serait pas un grand roman si Salter ne mêlait pas le destin de Philip à toux ceux qu'il croise : collègues, mère, beau-père, camarades... Et chacun reçoit "l'effet Salter" : pour chaque parcours, pas de dramatisation, pas d'explosion enthousiaste. Là où un écrivain pourrait produire un roman entier, Salter esquisse quelques mots. Et rien d'autre. Econome, pudique ? Un styliste, surtout.

Et rien d'autre se lit avec l'aisance et la rapidité de certaines mécaniques à la fois légères et complexes. On y retrouve l'extraordinaire talent de Salter à vous dépeindre, en quelques touches, une personnalité, un caractère, mais surtout : une femme. Déjà remarqué dans ses livres précédents, l'oeil de Salter est unique quand il s'agit de décrypter une femme : on réalise alors combien nos étoffes, répliques, mèches, odeurs, lectures peuvent être regardées, et subjuguer, envahir le coeur d'un homme, cristalliser un espoir, un mirage. Roman initiatique, Et rien d'autre est à l'image de son personnage : une élégance féline qui oscille entre cruauté et beauté pure.

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !

Emilie (119)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?