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Famille nombreuse, famille heureuse 1

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Une actualité de Emilie
Publié le 23/08/2014

été familleAu départ,  une succession de chiffes, numérotant chaque chapitre, comme autant de kilomètres que parcourt le héros au fil du roman, de la banlieue parisienne jusqu'au sud. Comme un compte à rebours aussi, car ces chiffres semblent bien être la seule base tangible dans cette histoire à dormir debout.

Un été en famille, premier roman d'Arnaud Delrue que les éditions du Seuil publient en cette rentrée, s'ouvre sur un enterrement, celui de la sœur de Philippe, héros du récit. On découvre ainsi les principaux membres de la famille au fil de la cérémonie: la mère, prostrée, Marie la plus jeune sœur, l'oncle Paul - de père, il ne sera pas question ici. Au delà du malaise, qui est palpable en cet événement si tragique, on sent d'emblée d'autres tensions, plus profondes, et le départ précipité de Philippe à l'issue de l'enterrement - l'oncle ne souhaite pas qu'il reste- en est l'une des preuves.

Le récit se compose ensuite en deux temps, d'une part le récit de la vie de Philippe et de ses proches, qui reprend son cours de manière on ne peut plus trouble : Le garçon retourne au travail, fréquente une collègue, passe du temps avec Marie et sa mère, qui sont parties habiter chez l'oncle, et avec qui les relations sont particulièrement ambigües.  Le sujet de conversation récurrent reste l'argent, dont semble manquer cruellement la mère, qui attend des assurances une éventuelle compensation. De la sœur disparue, il n'en est plus que rarement question, ou alors sous forme de reproche à l'adresse de Philippe. Alors que le deuil aurait pu resserrer les liens entre eux, il n'en est rien.

Dans un deuxième temps, et sous forme de récit croisé, on suit Philippe encore, mais cette fois au volant d'une camionnette, roulant en direction de l'Espagne, fuyant on ne sait quoi. Il s'adresse alors à Marie, comme pour lui faire une ultime confession -de quelle faute, on tentera de l'apprendre au fil du récit....

Le lecteur avance ainsi à la manière d'un enquêteur un peu voyeur qui tente de redistribuer les places dans cette famille si intrigante et de comprendre ce qui a pu se passer. Mal à l'aise, stupéfait, on l'est évidemment, mais on est aussi complètement fasciné par le style impeccablement maîtrisé du jeune auteur. A l'écouter, c'est la contemplation des paysages du sud de l'Essonne qui l'ont inspiré pour cette histoire. La vidéo que nous avons faite de lui en juillet dernier et que nous vous proposons de visionner ici vous donnera peut être quelques clés pour comprendre cette œuvre complètement inclassable -si ce n'est au niveau des grands romanciers contemporains comme Régis Jauffret ou Marie N'Diaye. Voilà un premier roman qui s'avère être un coup de maître.

http://youtu.be/xlgb1RcZGT4

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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