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femmes dures vs femmes cotonneuses

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Une actualité de Céline
Publié le 15/03/2016

photo de Calamity Jane Marre des femmes "cucu la praline", des romantiques, des Bridget Jones potaches, des hypersensibles qui à la moindre claque s'offusquent ! Place aux femmes dures sans être trash mais à celles qui déconcertent, qui ne sont pas "sympas", qui ne minaudent pas, ne geignent pas et vivent intensément au risque de déplaire et de choquer qui voudra !

En achevant la lecture de Tours et détours de la vilaine fille, de Mario Vargas LLosa venant de paraître chez Folio, je me disais que le personnage de cette femme caméléon belle, ambitieuse et impitoyable avec les hommes était assez atypique dans le paysage des portraits de femmes en littérature. En effet, ce roman se tourne entièrement vers cette femme, apparemment insensible, qui manipule avec habileté notre héros, le maltraite, le malmène, mais le fait toujours revenir. Elle l'appelle le "bon garçon". Il l'appelle "la vilaine fille". Et finalement, à travers cette expression coquine mais pas vulgaire, c'est toute l'ambiguïté de cette femme qui ressort. Elle est dure, elle sait ce qu'elle veut : de l'argent, du pouvoir et par conséquent il lui est impossible de se marier avec notre héros, Ricardito, qui n'est qu'un petit interprète à l'Unesco, mais au bout du compte la seule personne en qui elle ait confiance, et sa manière de s'esquiver cultive d'une certaine façon l'intensité de leur relation : jouer à se chercher, se perdre pour me mieux se retrouver.

Dans un autre genre, je repensais à l'héroïne de Villa Amalia, de Pascal Quignard, également chez Folio, où l'on trouve un portrait de femme froide tout en ambiguïté et en mystère. Dans ce roman, force est de constater qu'il est difficile de s'attacher à cette elle, même si elle est parfois en souffrance, vit les choses et prend des décisions si radicales et parfois même si égoïstes que le lecteur s'en retrouve déconcerté, troublé voire mal à l'aise face à cette femme secrète et difficile à cerner.

Enfin, dans un autre registre, A suspicious river, de Laura Kasischke (collection Points Seuil) nous offre l'histoire-puzzle d'une jeune femme apparemment insensible au monde qui l'entoure, sans repère : elle se prostitue dans un motel pour quelques dollars de plus que le prix de la chambre et va abandonner tout ce qui est la norme pour basculer dans un univers ultra sordide sans manifester la moindre réaction, sans susciter le moindre étonnement. Cette femme est horripilante : elle nous donne envie de la secouer pour qu'elle prenne, enfin, conscience de sa vie.

Et si vous aimez les femmes au caractère bien trempé, essayez Le livre de Dina de Herbjorg Wassmo et Louves de mer de Zoé Valdès.

Alors si vous avez envie de changer de femme, réfléchissez bien, vous ne savez pas sur qui vous allez tomber...

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?