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Fin de règne pour la grande Béatrix

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Une actualité de David V.
Publié le 09/05/2013

revue brèvesVoilà soudain que Beatrix Beck, cet auteur dont il avait fallu s'habituer au silence vient de basculer dans la vaste assemblée de ceux que nous appelons les "Mémorables". A 94 ans, cet auteur d'origine belge mais naturalisée française depuis plus de cinquante ans est morte, nous laissant une œuvre rare et sans aucun doute pas assez lue. La grande petite histoire littéraire retiendra son sublime Goncourt pour Léon Morin, prêtre adapté par Jean-Pierre Melville avec Dominique Sanda et Jean-Paul Belmondo. mais c'était il y a plus de cinquante ans aussi.

Entre 1948 à 1998, elle a écrit quelques excellents romans, des recueils de nouvelles d'une qualité magistrale qu'on a pu redécouvrir à l'occasion d'une reparution chez Grasset :  Barny, Une mort irrégulière, Contes à l'enfant né coiffé, Des accommodements avec le ciel, Le muet, Cou coupé court toujours, L'épouvante l'émerveillement, Noli, La décharge, Josée dite Nancy, La mer intérieure, Don Juan des forêts, La grenouille d'encrier, L'enfant-chat (judicieusement réédité en poche par Arléa il y a peu), La prunelle des yeux, Stella Corfou, Un(e) Grâce, Recensement, Vulgaires vies, Une Lilliputienne, Moi ou autres, Prénoms , Plus loin mais où, Guidée par le songe. Grâce aux entretiens réalisés par Valérie Marin La Meslée en en 1998 on avait pu en apprendre sur cette étrange dame, discrète, sur sa façon d'écrire si économe et si juste (Confidences de gargouille).  Le purgatoire est la triste punition réservée aux auteurs quand ils disparaissent, espérons que le long silence de Béatrix Beck avant sa disparition lui épargnera cette disgrâce qu'elle est la dernière à mériter. Quelques libraires, dont nous sommes, s'y appliqueront avec une ferveur non feinte.

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