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Frais comme un gardon…

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Une actualité de Emilie
Publié le 15/03/2016

Couverture Le passage à niveauOu l'arrivée d'un nouveau roman dans le grand bassin des poches.

 

L'idée ici est de vous parler de premiers romans qui viennent juste d'être publiés en format poche. Quoi de plus enrichissant de partager avec nos internautes tout l'enthousiasme qui se propage au sein de l'équipe poche lors de l'arrivée de romans d'écrivains inconnus ?...

Nous vous invitons donc à partir à la pêche aux nouveautés avec nous et à savourer les meilleurs prises!

Pour inaugurer cette chronique, nous avons choisi de vous parler de Passage à niveau, un roman d'un auteur tout à fait prometteur et au nom on ne peut plus prédestiné, puisqu'il s'appelle Philippe Routier.

"On dénombre en France 16997 passages à niveau. 2% placés sur les routes nationales; 28% sur les départementales; 70% sur les communales. 1905 passages à niveau sont gardés; 11085 à signalisation automatique lumineuse; 4169 avec croix de Saint-André. 38 personnes tuées en 2004."

"Dans la forêt de Retz, le passage à niveau 515 attend placidement l'accident." L'homme aux commandes de la locomotive se nomme Guillaume. Fasciné par le monde des rails depuis l'enfance, Guillaume a travaillé en tant qu'aiguilleur pendant 10 ans et vient tout juste de réussir l'examen de conducteur. C'est sa compagne, Alice, qui a insisté pour cette reconversion, prétextant que cet emploi améliorerait leur rythme de vie, jusqu'alors réglé par les 3/8 de Guillaume, les insomnies fréquentes et une mauvaise humeur ambiante. Un nouveau travail pour prendre un nouveau départ, donner un autre élan à leur vie de couple. Ce changement professionnel leur sera fatal. La collision dans la forêt de Retz va marquer un point de non retour entre Alice et Guillaume mais va surtout briser la vie de 3 personnes.

Le roman se place d'emblée sous le signe du tragique. La résolution des circonstances importe peu ; l'auteur s'attache surtout à rendre palpable l'ambiance dans laquelle évolue les personnages. L'action se déroule en région parisienne. L'auteur dresse un portrait hyper réaliste des banlieues modestes pour décrire la misère sociale et affective de ses habitants. Chacun des protagoniste est englué dans une situation difficile, bloqué dans une impasse de laquelle il faut se sortir coûte que coûte. L'accident va bouleverser leur existence, marquer une rupture, le passage étant "la suture entre deux chemins, le lieu où deux époques se délimitent."

Le monde du rail est omniprésent dans le récit. Il évoque la mécanisation, la modernité mais il renvoie aussi à une certaine nostalgie d'un passé révolu, à l'image des trains électriques de l'enfance. Philippe Routier signe un premier roman tout en nuances, à la fois réaliste et onirique, où la psychologie des personnage est remarquablement bien décrite. Alors embarquez sans retard...

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Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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