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Garder la tête hors de l'eau

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Une actualité de Marie-Aurélie
Publié le 24/03/2017
Elevée au Chelsea Hotel, Nicolaia Rips nous livre ses mémoires d'une grande drôlerie dans un New York intemporel.
A Manhattan, au 222 West de la 23ème rue, se dresse le mythique Chelsea Hotel, fief de l'avant garde new-yorkaise et américaine de la moitié du XXème siècle. Construit en 1883, il connut ses heures de gloires dans les années 50 - 60 hébergeant Jack Kerouac qui y écrivit Sur la route, Arthur C. Clarke 2001 l'odyssée de l'espace, Patti Smith et Robert Mapplethorpe, Andy Warhol y tourna un film, Dylan Thomas y mourut des suites d'alcoolisme et Nancy Spungen, compagne de Sid Vicious des Sex Pistols, y fut assassinée en 1978. Plusieurs décennies auparavant le Chelsea Hotel accueillit les rescapés du Titanic tout juste débarqués à New York.

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Bref le Chelsea est le décor parfait pour romans, films et fictions en tous genres, mais peut-être moins pour y grandir dans les années 2000 ?

Fille de parents un peu loufoques, un peu artistes, Nicolaia Rips a vécu toute son enfance dans l'hôtel sans avoir pleinement conscience de son symbolisme. Au milieu de tous les résidents, elle est la seule enfant et s'acclimate assez mal au milieu scolaire new-yorkais où le pedigree de chaque enfant ferait pâlir un normalien. La petite Nicolaia ne possède rien des codes sociaux "normaux" et encore moins avec les enfants de son âge. Mais de ses souvenirs d'une enfance passée en marge, la jeune femme ne garde pas la difficulté mais toute l'absurdité et le comique de sa situation. On appréciera donc les petites chroniques du quotidien de Nicolaia comme des gourmandises teintées d'humour et de mélancolie enfantines. Parmi les souvenirs, c'est d'ailleurs plus sa confrontation avec le monde extérieur qu'on gardera en mémoire, d'avantage que le Chelsea Hotel lui-même. Le premier goûter d'anniversaire auquel elle est invitée qui se terminera en pseudo noyade où Nicolaia prend appui sur un bébé malencontreusement tombé avec elle dans la piscine est particulièrement culte.

Véritable récit d'apprentissage d'une enfance pas comme les autres, Garder la tête hors de l'eau est une joyeuse chronique qui se joue des générations, s'amuse de l'inadaptation et rend hommage à une ville qui a su inspirer une liberté unique à ses habitants.



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