Chargement...
Chargement...

Homero Aridjis - coup de coeur poétique venu du Mexique

1044_homero-aridjis-coup-de-coeur-poetique-venu-du-mexique
Une actualité de Karine G.
Publié le 16/03/2016
printempsbleu.jpg

 

C'est le Printemps des Poètes, le soleil est de retour !

 

Soleil mexicain en cette saison du Printemps des Poètes avec Les poèmes solaires  de Homero Aridjis publiés aux éditions du Mercure de France. Citons un extrait de la belle préface signée Yves Bonnefoy : "... quand je lis Homero, je me remémore aussi ces crânes de cristal d'art précolombien qui font de la mort une présence, unissant de même façon que certaines langues ou certaines oeuvres la plénitude solaire et celle, à égalité, du néant : le plus sensuel de l'être au monde et la nuit totalement noire. Homero est très assurément de son pays, qui est à la fois de langue indienne et espagnole. Il l'est comme Octavio Paz. Il l'est par un apport essentiel à cette conscience de soi dont il faut préserver la salutaire inquiétude".

Les thèmes universels de l'amour et de la mort sont au coeur de l'oeuvre du Mexicain, tant dans sa prose - il est l'auteur de romans, notamment historiques, qui l'ont fait connaître : 1942, les aventures de Juan Cabezon de Castille,  Mémoires du Nouveau Monde,  La Légende des soleils - que dans sa poésie, sur fond de mythologie et de légendes. Avec Aridjis on voyage dans le temps de l'Histoire, dans l'espace, dans l'immensité envoûtante et mystérieuse du désert mexicain - la nature et l'écologie sont une de ses préoccupations - dans la violence des hommes, et dans la rédemption amoureuse. Au fil du temps, sa langue tend vers l'épure - une voix recueillie qui se donne à entendre :

AUTOPORTRAIT A SIX ANS

Une vitre séparait le mont Altamirano

de mes mains.

 

Une porte tenait éloignée la salle de classe

de l'escalier qui se précipitait vers le village.

 

Tous désiraient participer à la classe d'espagnol :

le moineau, les pierres, le frêne et l'azur du ciel.

 

Mon crayon dessinait la maîtresse campagnarde :

sa robe râpée, ses chaussures béantes.

 

J'apprenais à lire comme on apprend à être :

toi, moi, père, frère, l'ombre sur le mur.

 

POEME AU SOLEIL

Ô tournesol voyant,

ô graine jaune, ton nom tient dans une syllabe, dit le poète.

 

Ô père des mythologies,

le rêve de la lumière produit des formes, dit le peintre.

 

Si l'oeil n'était pas solaire,

comment pourrait-il voir la lumière, dit le poète.

 

Sur la grande pyramide de Gizeh, le Soleil se lève chaque jour,

à l'orient de tes yeux la nuit se pose chaque matin, dit le poète.

 

POUVOIRS DE LA LUMIERE

Maintenant éveille-toi

avec la lumière dans les yeux.

 

Dis les choses maintenant

avec la lumière sur les lèvres.

 

Pars maintenant vers le monde

avec la lumière du tout hier. 

 

aridjis1.jpg       Avant la parole

quand dans les entrailles de la nuit

il n'y avait pas d'oiseau

ni arbre

ni poisson

ni fleuve

ni Soleil

dans le ciel nocturne

feulait 

le jaguar

 

 

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (119)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !