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Hommage à l'une des plus grandes romancières américaines de ce siècle (et de l'autre)

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Une actualité de Martine
Publié le 05/11/2013
Qu'il s'agisse de son nouveau roman Mudwoman ou de son recueil de nouvelles Cher époux, Joyce Carol Oates excelle  dans l'art de sonder la noirceur de l'âme humaine. La face cachée de l'Amérique triomphante, les turpitudes de ceux qui sont engoncés dans une morale d'apparence, les dessous du rêve, c'est son territoire depuis près de cinquante ans et les Français ont depuis longtemps salué son génie et sa prolixité qui permet de ne jamais attendre trop longtemps un de ses livres.

Mudwoman, l'enfant de la boue, miraculeusement sauvée des griffes de sa mère, devenue grâce à sa famille adoptive une brillante universitaire, sera néanmoins habitée par des troubles psychiques tels qu'elle détruira sa carrière et sa vie...Autodestruction et survie sont les deux côtés de son existence, dualité morbide qui fascine.

Il en est de même pour  tous les personnages qui évoluent dans son recueil de nouvelles Cher époux, dans lequel des êtres sans foi ni loi et psychologiquement fragiles sont capables de toutes les atrocités, du meurtre à l'infanticide. Nous sommes tour à tour happés, envoûtés par cette galerie de portraits, ces suspenses de haut vol d'on n'en ressort jamais indemne...Car le happy end n'est absolument pas inscrit dans le registre de cet auteur qui croit à la beauté du noir, profond et intense.

Joyce Carol Oates, cette singulière romancière, membre de l'Académie des Arts et Lettres, titulaire de nombreux prix dont en France le Fémina étranger avec son inoubliable roman Les chutes est tellement prolifique qu'elle publie aujourd'hui son cinquante-sixième livre et qu'on s'ébahit de le trouver aussi bon voire meilleur que ceux qui l'ont précédé.

Il serait dommage de passer à côté de sa folie littéraire, elle est contagieuse et addictive...

 

Bibliographie