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Hors-saison

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Une actualité de Emilie
Publié le 26/08/2014

peineOlivier Adam revient en cette rentrée avec un roman bien différent des précédents et qui surprendra sans aucun doute ses lecteurs. L'auteur a quitté ses plages de Bretagne -lieu de prédilection de beaucoup de ses textes- pour explorer le Sud de la France, celui des bords de mer, des campings, des restaurants, en se positionnant, comme à son habitude, plus du côté des saisonniers précaires que des nantis. Et s'il a opéré un déplacement géographique, il a aussi élargi complètement le spectre de  ses personnages : Le livre en compte pas moins de 22, ce qui n'est pas négligeable. Au risque de perdre et de dérouter le lecteur, Olivier Adam s'aventure dans des contrées romanesques inconnues de lui jusqu'alors, et parvient pourtant (ou justement) à triompher -vous verrez qu'à la lecture de Peine perdue l'auteur réussit là l'un de ses plus beaux textes.

L'histoire en deux mots, ou plutôt deux événements : alors qu'une violente tempête frappe les côtes, laissant pour mortes certaines personnes qui s'était aventurées sur les plages, Antoine, employé comme homme à tout faire au camping, connu de tous grâce à ses exploits -et ses frasques- dans l'équipe de foot locale, se fait tabasser par des inconnus et échoue à l'hôpital dans un état comateux. A partir de là, Olivier Adam déroule un long fil rouge, il nous fait entendre les proches d'Antoine face à leur détresse (son ancienne petite amie, Marion, son père, Serge, Marco le nouveau compagnon de sa femme...) mais évoque aussi des personnes qui ont un lien plus indirect avec ce qui s'est passé. Petit à petit, se tisse une trame de voix qui tantôt se croisent, tantôt se frôlent, tantôt se déchirent.  Mais loin d'embrouiller le lecteur avec l'accumulation des personnages, Olivier Adam construit une intrigue telle que chaque être se dévoile à travers l'évocation de trajectoires parallèles. La force du livre est qu'il se lit comme un grand roman noir qui allie à la fois l'enquête -qui a pu s'en prendre à Antoine?- , le  psychologique et le roman social. Au fil du temps et de ses livres, l'auteur de Passer l'hiver est passé maître dans l'art de raconter des destins et d'incarner des êtres en quelques phrases, il y parvient ici avec grâce.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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