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Jacques Chessex, fin.

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Une actualité de David V.
Publié le 24/08/2013

Jacques ChessexIl ne faudrait pas que ce blog se transforme en nécrologie permanente alors que nous nous acharnons à montrer que la littérature est bien vivante. Il ne nous est cependant pas possible de passer sous silence la disparition d'un auteur très aimé sinon très lu, Jacques Chessex, qui vient de disparaître et que le public français redécouvrait à nouveau depuis quelques années grâce à trois très beaux livres : Le vampire de Ropraz, Pardon mère et en 2009 Un juif pour l'exemple. Chessex était suisse, du Valais et c'est là qu'il reposera bientôt, au coeur de Ropraz qui fut le théâtre de son terrible Vampire, un fait divers transformé par lui en saisissante réflexion sur le mal. Sa disparition même n'est pas sans beauté puisqu'il est mort juste après la représentation de l'un de ses textes, La confession du pasteur Burg, au moment où le public lui posait des questions : mort en scène, comme Molière dit-on déjà, et le spectacle continue au gymnase d'Yverdon-les-Bains, meilleur hommage à un écrivain qui ne méritera pas un purgatoire trop rapide. Nous aurons d'ailleurs, sans doute l'an prochain, de ses nouvelles posthumes puisqu'il mettait la dernière main ces derniers jours à la correction des épreuves de son roman sur le crâne du Marquis de Sade. Né à Payerne en 1934, il avait derrière lui une sacrée bibliographie au milieu de laquelle émerge L'Ogre, son prix Goncourt de 1973, qui lui valut la renommée mais contribua peut-être à le sous-estimer. Ces dernières années, le public français avait enfin renoncé à le bouder, faisant un succès à son livre autobiographique Pardon mère. Les paysages de Chessex, son univers vertical mais souvent étouffant, ses obsessions puisaient à son environnement, cette Suisse de la campagne. Et d'ailleurs il avait aussi une importante œuvre de peintre derrière lui.

On retrouvera sur le site de Télérama un très beau reportage signé Nathalie Crom qui raconte son territoire et ses influences sur son imaginaire. Mais si cet événement ne devait avoir qu’une vertu, ce serait celle de nous inciter à relire ou même simplement découvrir celui qui restera comme l’un des plus grands écrivains suisses francophones du XX° siècle.

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