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Japon Ancien I

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Une actualité de Céline
Publié le 17/08/2013

japon-genji.jpegJ'ai décidé de profiter d'une intervention que je dois animer à Blanquefort très prochainement, pour construire un petit cycle de blogs sur la littérature japonaise.

Celle-ci s'étendant sur près de vingt siècles, il y a en effet de quoi dire.  En guise d'introduction, on peut dire que le Japon, en raison de son insularité, a su développer des caractéristiques originales tant au niveau des formes littéraires (les waka et les haiku, les textes courts) qu'au niveau des thèmes abordés (l'isolement, le détachement, les déviances en tout genre).

Pour commencer ce cycle "spécial Japon", je vous propose un bref historique de la littérature japonaise. Tout d'abord, son histoire littéraire peut se diviser en trois grandes périodes : la période ancienne (710-1185), le Moyen-Age (1185-1600) et la période moderne (1600 à nos jours).

Les premières traces d'écrits au Japon remontent au VIIIe siècle. Ce sera tout d'abord une compilation de récits traditionnels narrant l'histoire du pays à la gloire de l'Empire. Ce récit, le kiji-ki (Chronique des faits anciens) est un document exceptionnel sur la période archaïque, offrant toute la mythologie des dieux créateurs du pays. A cette époque, apparaissent également les premiers poèmes qui sont souvent des poèmes-chants, les kayo. Cette période est profondément marquée par l'imitation des modèles chinois sur le plan politique et artistique. D'ailleurs, les premiers textes japonais sont écrits en chinois car ces derniers n'ont pas de système d'écriture pour retranscrire leurs dits. Ce ne sera que très lentement que l'écriture japonaise trouvera son propre système d'écriture par simplification des caractères chinois.

 

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Continuons un peu jusqu'à l'ère de Heian qui doit son nom à  la ville de Kyoto, Heian-kyo, dans laquelle l'empereur s'installe en 794. Cette période est l'une des plus fertiles pour l'histoire de l'art et de la littérature japonaise. La cour garde une influence majeure  et devient un foyer de la culture autochtone et chinoise. Pendant l'ère de Heian se développent différentes formes littéraires, mais c'est la poésie qui tient le haut du pavé. Un bureau impérial de la poésie est même créé. La parution du recueil de poésies intitulé Kokin waka-shu, marque un tournant dans l'histoire de la poésie car il comporte une partie théorique sur ce qu'est un waka (poème japonais). Celui se définit comme l'équilibre entre l'expression de la sensation, de l'émotion, la suggestion par l'imagination et la musique des sons et des rythmes. Vaste programme pour un genre qui sera sans cesse renouvelé au cours des siècles. A cette époque apparaitront les premiers journaux personnels, les nikki (mélanges entre prose et poèmes), les récits poétiques ou monogatori, se présentant des historiettes d'amour et enfin les récits construits,  plus longs et plus élaborés.

 

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 Enfin, et pour clore ce premier volet, l'oeuvre majeure, si on doit n'en retenir qu'une de cette période,  est le Genji monogatori ou Dit duGenji . C'est le principal monument de la littérature japonaise. Ecrit par Dame Murasaki Shikibu, ce récit-monde aura des répercutions sur les siècles à venir.  Sa traduction française chez POF offre au lecteur 1300 pages dans lesquelles 400 personnages se croisent dans une société raffinée, soumise aux stricts codes de la cour. Ce chef d'oeuvre est basé sur la représentation fascinante d'un monde  idéal qui se défait peu à peu. On y trouvera une narration très souple, une grande finesse psychologique et une réalité dans l'intime très forte.  La grande dame décrit avec une grande richesse les décors et paysages et compose avec talent le récit de fiction ,  maniant intrigues et poèmes. Dans cet immense roman, le lecteur trouvera même une réflexion sur les procédés et les pouvoirs de la littérature.

Prochain blog consacré au Moyen-Age.

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