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L'abandon, Peter Rock

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Une actualité de Anaïs
Publié le 29/03/2016
peter rockC'est l'été, et les libraires en profitent pour ranger, trier, dépoussiérer les livres qui se sont amassés pendant l'hiver autour de leur lit, bureau, cuisine, salle de bain... Lors de cette expédition pleine de courage, le/la libraire peut avoir la surprise de découvrir alors un livre qui n'a pas été lu, pas été ouvert. Alors, comme un enfant prisonnier de sa chambre, puni jusqu'à ce qu'elle soit mise en ordre, ce/cette libraire s'assied en tailleur, tourne une page, puis une autre, et le monde peut bien s'écrouler : le libraire, ce drogué à l'aventure et au verbe, est pris par une histoire. L'Abandon de Peter Rock se situe entre La Route de Cormac Mc Carthy et Il était une rivière de Bonnie Jo Campbell, mais a la particularité d'être inspiré d'une histoire vraie. On pénètre dans ce roman comme l'on se réveille après un mauvais charme : du présent, du futur, on sait des choses. Le passé ? Pas un mot. On apprend seulement que nous sommes dans la tête d'une jeune fille qui habite dans les bois avec son père. Qu'elle est très agile, qu'elle connaît la forêt comme un animal, et surtout, au fil des pages, on réalise que Caroline est très, très intelligente. Pourquoi vit-elle dans les bois ? Pourquoi son père et elle ne doivent pas être découverts ? Que s'est-il passé ? 2peterocksLa force de L'Abandon se situe dans l'ambiance, envoûtante, mystérieuse, composée par l'auteur. Cette construction sans repères, sans passé, sans explications, se métamorphose en coup de génie lorsque la lecture s'achève. Nous sommes dans la tête d'un personnage féminin extraordinaire, d'une intelligence absolument fabuleuse, le genre de fille à qui l'on aurait peut-être voulu ressembler, ou en tous cas souhaité avoir la force et l'indépendance de caractère. Un roman que l'on qualifierait volontiers de "très américain" dans la mesure où nos protagonistes tentent de vivre selon les principes d'Henry David Thoreau, lisent Ralph Waldo Emerson. Le rapport à la nature est politique, c'est un choix de vie, un refus, paranoïaque, du monde des hommes. Ce roman sauvage, seule et unique traduction de l’œuvre de Peter Rock en français, est paru cet hiver aux éditions Points. On vous promet une lecture qui va vous hanter quelques temps!

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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