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L'Apocalypse selon Topin

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Une actualité de Karine G.
Publié le 19/03/2016

tito3.jpgUne cohorte de manifestants. Une procession de fous de Dieu qui se flagellent. Des anarchistes qui brandissent leurs drapeaux noirs en scandant Dieu est mort ! Une métropole envahie de déchets et de rats. Une crise sans précédent. Roman d’anticipation, vision post-apocalyptique, dystopie ?

Non, un Paris quasiment actuel. Une France en proie à une grave crise économique (peut-être celle que nous vivons). Des éboueurs qui tiennent le piquet de grève. Un taux de chômage inégalé. Une population pétrifiée, résignée.

C’est dans cet univers que nous plonge Tito Topin dans son dernier roman. Un roman sombre, profondément sombre, comme vous l’aurez compris. Le prétexte pour nous mener dans cet univers ? Les tribulations d’un vieillard. Kubitschek, puisque c’est son nom (et aussi celui d’un piètre président brésilien), est un cynique, voire un misanthrope. L’homme n’est pourtant pas vraiment à plaindre. Dans une société où le chômage a dépassé le seuil des 18% mais où l’on se réfère davantage aux fluctuations du CAC 40, lui, mène une vie confortable dans un appartement luxueux. Un appartement qu’il partage avec sa fille et sa bonne. Pourtant, il est seul. Ses anciens camarades sont tous morts ou ne tarderont pas à l’être. Il ne peut même pas espérer être nostalgique pour reprendre foi en la nature humaine. Son passé est aussi sombre que le peu d’avenir qui lui reste. Mais ne nous y trompons pas, le vieillard est gaillard. Ou un ancien gaillard. Un révolutionnaire, ou plutôt un trafiquant d’armes repenti, embourgeoisé même. Ses soirées, il les passe au casino. Un croupier, ancien camarade des luttes passées et inachevées, s’occupe de blanchir et faire fructifier ses économies. Mais lorsque ce casino se fait braquer par des hommes cagoulés, la police le trouvant sur les lieux le croit l’instigateur de ce fait d’arme. La routine de Kubitschek est désormais ébranlée.  Le fossile va devoir se régénérer. Heureusement, il a tout de même réussi à identifier un des braqueurs, une vieille connaissance, un traître. Désormais, il est bien décidé à retrouver l’homme et lui faire la peau. Reste plus qu’à recréer sa bande. Comment faire? La plupart sont désormais morts ou impotents. Mais Kubitschek est bien déterminé à mener cette enquête à son terme.

Nous retrouvons dans Des rats et des hommes la plume affûtée de Tito Topin, dans ce roman qui à l'image de son précédent, Parfois je me sens comme un enfant sans mère, nous offre une vision très pessimiste voire post-apocalyptique, une vision qui à l'image des personnages est profondément cynique et et grinçante. Un roman noir sans concession.

 

Benjamin

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