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L'aura de Kasischke

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 09/05/2013

Laura KasischkeElle était dans nos murs hier soir et nous en sommes encore tout émus. De toute évidence, cette rencontre avait quelque chose de particulier : ce n'est pas tous les jours qu'un écrivain étranger de cet acabit se déplace non seulement en France, mais surtout en province. Notre librairie constituait en effet l'un des trois rendez-vous de Laura avec ses lecteurs français, les deux autres ayant lieu à Paris et à Toulouse. Malgré nos inquiétudes dues à la grève surprise du réseau TBC (aucun tram ni bus ne circulait hier, pour ceux qui se demandent encore pourquoi il était encore plus difficile de circuler dans Bordeaux qu'à l'accoutumée), la salle était presque comble ; et nombreux furent les libraires qui se mêlèrent à un public manifestement averti, au sein duquel figurait également son éditrice, Dominique Bourgois,  afin d'assister à cet événement.

La rencontre était animée par Bernadette Rigal-Cellard, professeur à l'UFR d'anglais de l'Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 et auteur de publications universitaires1. Celle-ci a, dans un premier temps, présenté l'oeuvre romanesque d'un écrivain américain qui reste reconnue avant tout pour sa poésie aux Etats-Unis2. Au cours de cette présentation efficace et pertinente, elle a mis en évidence un certain nombre de fils conducteurs, de thèmes récurrents, ou encore personnages-types, avant de mettre rapidement en perspective l'oeuvre de Laura Kasischke dans la littérature nord-américaine. Une lecture des deux premiers chapitres de Feathered par l'auteur, puis de La couronne verte par la traductrice, Céline Leroy3, s'en est suivie. L'audience était sous le charme.

Laura a pu ensuite s'exprimer sur son dernier roman, en s'attardant surtout sur les lieux et les personnages. Les questions du public l'emmenèrent cependant bien au-delà et furent entre autre pour elle l'occasion d'expliquer ce qui déclenche ce besoin insatiable d'écrire chez elle, besoin qu'elle s'étonne d'ailleurs de ne pas retrouver chez tout un chacun. Si elle nous a confié qu'elle s'inspire souvent de faits divers, comme le massacre du lycée de Colombine en 1999 pour La vie devant ses yeux, elle éprouve le besoin d'écrire chaque fois qu'elle prend conscience que le monde n'est pas tel qu'elle le concevait, chaque fois qu'elle se rend compte à quel point les apparences peuvent être trompeuses. Or le réel est évidemment une source intarissable de ce genre de situations : on découvre régulièrement que les gens qui nous entourent sont habités, voire hantés, par des secrets plus ou moins noirs. C'est bien pour cela que les événements dérapent toujours dans ses livres, prenant tantôt la forme de disparitions, tantôt celle de meurtres... Et quand on fait sa connaissance, on est tenté de se demander comment quelqu'un d'aussi joyeux, souriant, et d'apparence aussi naïve peut inventer un univers romanesque aussi sombre !...

 


2 Malheureusement, aucun de ses sept recueils de poèmes n'a encore été traduit.

3 Elle a notamment traduit Rêves de garçons, de Kasischke, ainsi que Dix jours dans les collines de Hollywood, de Jane Smiley ou encore un recueil de Lettres de Burroughs.

Laura chez Mollat

 

 

 

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