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L'avant garde de l'armée

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Une actualité de David V.
Publié le 17/08/2013

El ultimo lectorL'armée mexicaine va débarquer bientôt, il faut s'y préparer. Revanche attendue de l'expédition française qui voulut faire d'un autrichien un monarque (pauvre Maximilien), elle s'apprête à nous envahir, faisant déjà grincer le bois de nos tables hispaniques. Car chaque éditeur, comme tous les ans lorsqu'est annoncé le nouvel invité du Salon du Livre de paris, s'est empressé de rechercher son ou ses Mexicains et avec d'autant plus de facilité que le pays a fait preuve de largesse trébuchante pour qu'on s'intéresse de près à sa littérature qui, il est vrai, reste scandaleusement méconnue chez nous. Quelques injustices vont donc être réparées et quelques surprises nous être révélées. L'excellent François-Michel Durazzo, grand traducteur qui nous rend régulièrement visite, nous parlait depuis pas mal de mois déjà de l'une de ses découvertes que nous désespérions de découvrir enfin. Un excellent éditeur, Zulma pour le nommer, a eu l'intelligente idée de l'écouter et ce que nous en a dit son traducteur s'est trouvé  confirmé avec éclat : El ultimo lector (désolé pour l'accent sur le u, notre clavier n'en possède pas) signé David Toscana est une réussite dont le grand Rulfo, ancêtre de tous les écrivains qui comptent en Amérique Latine, pourrait s'enorgueillir du haut de l'Olympe où l'ont placé les auteurs mexicains. Ce n'est pas le Llano mais cela y ressemble : la terre desséchée où va se nouer l'étrange drame de Toscana a été oubliée du dieu des pluies. Trouver de l'eau est devenue une véritable obsession pour les habitants d'Icamole qui guettent la carriole du porteur d'eau. Les puits sont à sec mais de celui de Lucio continue à sourdre une eau rare et bienfaisante qui rafraichit ce vieil homme devenu l'exception culturelle du village. A la suite d'un de ces décrets absurdes et altruistes que les gouvernements centraux mettent en place avant de les abandonner, c'est lui qui a été choisi comme bibliothécaire et il a entamé sa tache avec tant de sérieux qu'il a entrepris de lire chacun des livres qui lui sont envoyés pour évaluer s'ils méritent ou non de gagner les étagères sacrées. Baignant dans la littérature et les histoires au point que le réel en vient à se dissoudre et se confondre avec l'imaginaire, c'est en lecteur qu'il réagit lorsque son fils lui annonce qu'un cadavre d'enfant gisait au fond de son puits, persuadé que si la solution du meurtre existe c'est dans un des livres qu'il a lus. Le plus étrange c'est que sa conviction va avoir de sérieuses conséquences, pour la police qui ne mesure pas qu'il vit dans la fiction et pour la mère de la fillette, elle-même lectrice... Inutile d'en dire plus, les amateurs de Cortazar ou d'Onetti  devraient être ferrés avec un tel programme. La jubilation que l'on ressent à découvrir ce roman qui touche à ce qui nous importe le plus, la lecture, cette prison volontaire qu'on ne quitte pas sans danger, est intense.Ce serait dommage qu'au milieu du ras de marée mexicain, il ne surnageât pas.

Vous pourrez retrouver sur l'excellent site culturofil une petite interview de l'auteur.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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