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L'ennui est un sport de combat

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Une actualité de Céline
Publié le 15/03/2016

lennui.jpg"La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue". Gustave Flaubert dans Madame Bovary.

Ah ! Quelle drôle de sensation quand il point dans nos têtes !

On est dimanche, repas de famille à Eysines ( ville de la pomme de terre). Il fait beau alors j'ai mis le store et j'ai obligé tout le monde à déjeuner dehors parce que je n'ai pas de jardin dans le centre ville et je veux donc en profiter. A l'heure du café, tout le monde somnole un peu, je m'installe sur un transat, je m'ennuie dans le jardinet, j'attends je ne sais quoi, le monde est étrangement flottant. Comment dire ? Cela n'est pas désagréable, il est même assez doux de s'enfoncer dans cet état de "chamallow". Prendre le temps de s'ennuyer pour mieux rebondir après, se forcer à s'ennuyer pour mieux en profiter.

Alors, voici une petite sélection traitant de l'ennui mais pour autant pas ennuyeuse :

Pour l'ennui comme art de rien faire (avec joie), César Capéran ou la tradition de Louis Codet (collection Motifs) fera tout à fait l'affaire. Capéran est un gascon bon vivant qui a érigé l'inertie en art de vivre, et c'est tout à fait plaisant !

En revanche, si vous avez envie de vous ennuyer avec un frère et une soeur en Auvergne dans leur ferme et d'affronter leur quotidien ritualisé et vide, lisez Les Derniers indiens de Marie-Hélène Lafon. C'est noir et dur mais cela retranscrit tellement bien ce quotidien du néant...

Si vous recherchez l'ennui languissant, essayez ce roman magistral qu'est l'Amant de Lady Chatterley où notre belle héroïne s'ennuie ferme dans sa demeure et attend l'émoi et l'étincelle du désir se cachant au coeur du bois.

Alberto Moravia, traite également de ce thème éternel dans un roman réaliste s'intitulant l'Ennui (GF Flammarion), dans lequel le héros, un peintre raté narre le sentiment d'ennui qu'il définit comme une distance par rapport à la réalité. Rien ne le touche jusqu'à ce qu'il tombe amoureux... Affaire à suivre.

Enfin, en philosophie, Lars Svendsen analyse ce sentiment dans Petite philosophie de l'ennui. Après avoir passé une année sabbatique à ne rien faire, il analyse l'ennui dans le quotidien et sous toutes ses coutures historiques, culturelles et personnelles.

Il n'y a donc que l'embarras du choix et on peut découvrir toutes les facettes de cette sensation étrange, parfois amère et cruelle et parfois douce.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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