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L'épouse américaine

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Une actualité de Fleur Cattiaux
Publié le 19/03/2016

Imaginez un peu : vous êtes à l'église dans votre beau costume de marié, votre promise se tient en face de vous, sa toilette est magnifique, sa beauté à couper le souffle. Le prêtre est sur le point de vous poser la question fatidique et il n'y a aucune raison pour que vous hésitiez. Seulement voilà, mu par une force invisible, vous vous retournez vers la nef et croisez le regard d'une jeune inconnue, dont le charme vous subjugue instantanément. Aïe ! Que faites-vous ? Vous sacrifiez vos plans et envoyez tout valser pour tenter de vivre une folle passion ou vous continuez sur votre lancée sans ciller ? Après tout, en prenant en compte le fait que cette charmante jeune femme n'est autre que la meilleure amie de votre future épouse, et surtout la compagne du frère de cette dernière, quelles pourraient bien être vos chances ? Allez savoir...

Tel est le dilemme auquel est confronté Edoardo, le narrateur de L'épouse américaine, ce superbe roman écrit par Mario Soldati à la fin des années 1970 récemment réédité par le Promeneur. C'est ainsi qu'il va choisir la raison - baptisée Edith et affublée de traits tchécoslovaques pour l'occasion -  pour rapidement s'embarquer dans un voyage de noce à quatre mains dans la Cité des Doges. Mais qui a déjà été frappé de plein fouet par un coup de foudre connaît l'impuissance de la raison. Illustrant l'un des plus fameux aphorismes de Wilde, selon qui "le meilleur moyen de résister à la tentation c'est d'y céder", Edoardo s'engouffre sans tarder dans les tortueux délices de l'adultère pour vivre sa passion avec Anna. Et lorsque le mariage de cette dernière avec le frère d'Edith se révèlera un gigantesque fiasco, les deux amants se sentiront encore plus libres de poursuivre leur manège.

L'empreinte de Soldati est visible sur chaque page de ce roman, à travers son narrateur macho et possessif, à travers les entrelacs de son histoire d'amour qui prend la forme d'un triangle amoureux, ainsi que ses allées et venues entre l'Italie et des pays anglo-saxons. Et si force nous est de reconnaître qu'à presque quarante ans, son Epouse américaine n'a pas pris une seule ride, que dire des Lettres de Capri et de La fenêtre !

F.A.

Bibliographie