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L'homme vertical de Davide Longo

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Une actualité de Marilyn
Publié le 04/04/2013

Tout un pays - l'Italie, bien qu'il ne soit jamais nommé - est à la dérive. Face à la pénurie d'essence, de nourriture, de vêtements, tout le monde a oublié le sens du mot solidarité. Est-ce la conséquence d'une crise économique ? Certainement, mais le lecteur n'aura jamais le détail de ce qui s'est passé car le propos n'est pas de savoir ce qui nous a amené à la catastrophe, mais comment on la vit. Les gens fuient vers la Suisse ou la France, espérant se mettre à l'abri de la faim et de la misère, mais les laissez-passer sont rares et chers.

Dans ce décor apocalyptique, nous suivons un homme, Léonardo, certainement le dernier à croire à un lendemain meilleur et donc à passer pour un fou. Il passe ses journées dans sa "pièce aux livres" à penser à un passé révolu, à s'occuper d'un chien - et donc gaspiller de la nourriture pour lui - et à dépenser son argent chez la masseuse. Il s'offusque de la manière dont sont traités les "extérieurs" - ces personnes venues se réfugier dans les maison abandonnées - et ne riposte jamais lorsqu'on l'attaque jusqu'à ce que son ex femme lui demande de s'occuper de leur fille et d'un garçon issu d'un autre mariage pour tenter de retrouver son mari disparu. Ils essaieront de continuer à vivre chez lui, mais il faut bien se rendre à l'évidence : les enfants n'ont aucun avenir ici.

Ainsi commence une terrible odyssée - qui n'est pas sans rappeler La Route de Cormac McCarthy - qui leur fera traverser de véritables épreuves et même découvrir le chemin à emprunter pour perdre toute trace d'humanité, mais Léonardo n'est pas homme à se laisser aller à la facilité.

Dans un style qui nous tient en haleine du début à la fin, Davide Longo nous offre un roman, certes difficile, mais dont on ressort grandit. L'homme vertical est tout simplement un exemple à suivre.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?