Chargement...
Chargement...

L'importance d'être Constance

15169_l-importance-d-etre-constance
Une actualité de Pierre
Publié le 16/01/2016
Après le sec et magnifique 14 et son cycle biographique, Jean Echenoz nous revient avec Envoyée Spéciale en majesté et surtout en liberté pleine ; nous plongeant dans les délices d'un vrai-faux roman d'espionnage et d'amour, où un humour permanent tente de couvrir une certaine mélancolie. 9782707329226 echenoz envoyée Vous vous appelez Lou Tausk - ce qui est impossible car c'est forcément un pseudonyme - et vous connûtes il y a fort longtemps un grand succès musical qui vous permet de vivre sans souci de créer, ce qui tombe bien car toute inspiration vous a fuit il y a bien longtemps. Vous aimez les femmes et vous en avez eu une il y a longtemps qui s’appelait Constance. Ingénue et libre, Constance est la cible parfaite pour quelques barbouzes incertaines qui ne conçoivent l'existence et le monde entier qu'au prisme d'un billard à trois bandes géopolitiques qu'elles sont les seules à penser maîtriser. Mais surtout votre destin est entre les mains d'un narrateur facétieux - qui parfois a envie et parfois non - lui-même création de l'un de nos écrivains préférés : Jean Echenoz. C'est un Echenoz paradoxal qui nous revient avec ce livre, le plus long qu'il ait écrit depuis longtemps, mais aussi le plus libre et rigolard. Car à partir de la situation exposée, il va envoyer ses personnages à travers le monde ne cessant de les mettre dans des situations absurdes dont ils ne sortiront qu'au moyen d'un sens délicieux de l'invraisemblance et par le truchement des nombreuses interventions drolatiques d'un narrateur qui sait à la fois conter le détail d'un visage à la ride près et parfois vous dire que là, non, il n'en dira pas plus, il n'a pas envie. Vous succomberez sans peine à l'immense plaisir de lecture que procure ce livre et selon votre humeur vous rirez de bon cœur ou vous sentirez sans cesse affleurer la puissante mélancolie d'un auteur qui sait à la fois que plus personne ne croît au roman d'espionnage mais que le plaisir d'y succomber est plus fort, n'en pouvoir mais. Concevoir le charme, l'intelligence, le talent qui émane de ce livre c'est imaginer le croisement de la série "au service de la France" et de La vente à la criée du lot 49 de Thomas Pynchon. Bonne lecture.

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (119)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !