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La couche d'Ausone

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Une actualité de David V.
Publié le 18/03/2016

AusoneVoilà, c'est dit : le jeu de mot qui nous fait bien rire est désormais assumé sur ce site. Imaginer le grand poète gallo-romain Ausone en danger de disparition sur son lit n'est pas seulement une vision née d'un calembour mais le rappel que la postérité de cet écrivain a bien souffert et qu'il est heureux qu'on puisse aujourd'hui lire l'intégralité de son oeuvre. En octobre, le 7 précisément, paraîtra le fruit de longues années de travail pour Bernard Combeaud puisque sous la bannière des éditions Mollat et une sobre couverture grise typo, c'est tout le corpus de ce romain connu mais rarement lu qu'il sera donné de pouvoir acquérir. Très lu, très imité, très influent Decimi Magni Ausonii a sombré dans l'oubli au XVII ° siècle après un XVI° "ausomaniaque" et il faut le puissant pouvoir de séduction d'un château de Saint-Emilion portant son nom pour susciter et prolonger la curiosité aujourd'hui. Augustin venait d'Afrique du Nord, Sénèque était espagnol, les Gaulois eux n'ont que ce nom à glorifier, celui d'un passeur qui a lu Virgile mais qui, chrétien, nous parle d'un autre monde, d'une autre morale. Sa poésie n'est pas simple, elle respire la méditation jointe à un travail profond sur la langue. Il convenait donc qu'un valeureux se penchât enfin sur cette oeuvre dont la dernière traduction remonte à cent trente ans (et l'on sait ce qu'il en est du destin des traductions : elles vieillissent plus vite que les originaux) : qu'on le relise, qu'on le commente, qu'on l'admire, c'est tout ce qu'il demandait. Ce poète que tous à Bordeaux connaissent de réputation va ainsi gagner de nouveaux lecteurs, des érudits d'une part, c'est certain, mais aussi, on peut l'espérer, des "honnêtes hommes" soucieux de comprendre comment un écrivain aussi riche et aussi influent a pu, peu à peu, s'effacer. Ils seront heureux de découvrir ces vers, revivifiés, qui font honneur au passé de notre ville :

"Bordeaux est mon sol natal, avec sa brise clémente,                                                                 

son ciel doux, les dons généreux de son fertile humus,

son long printemps et sa brume aux jours nouveaux tiédissante.

Le fleuve où pénètre le flux, sous les vignes des côtes

écume et bout en affluant, prenant des airs de flot.

Elle offre aux yeux ses murs carrés, et ses tours sont si hautes                                               

que l’élan de leur cime aux cieux perce jusqu’aux nuées.

Admirez ses rues bien tracées, ses maisons alignées,

ses places d’une largeur digne d’en sauver le nom,

puis au droit des carrefours de ses portes les répons,

et dans la ville la fontaine où s’écoule le fleuve."

Pour ceux que cette nouvelle réjouira, qu'il sache que le tirage sera limité à six cents exemplaires, ce qui est fort peu au regard des siècles. Quant à la couche d'Ausone, elle reste tiède, on s'en doutait...

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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