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La fée Olafsdottir

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 25/03/2016

C'est bien connu, il y a des jours où l'on ne devrait pas se lever. Ce matin-là, l'héroïne du dernier roman de Audur Ava Olafsdottir a commencé par percuter quelque chose avec sa voiture - s'il s'est certes avéré que ce n'était qu'une oie, cela aurait tout aussi bien pu être un être vivant d'un autre type -, puis les deux hommes qui occupaient sa vie ont décidé de la quitter, a priori pour une raison similaire, à savoir une insoutenable lassitude face à son manque d'investissement et à son absence chronique au monde. S'il l'on ajoute qu'apparemment, la liaison qu'entretient son mari avec une femme plus jeune qu'elle dure depuis suffisamment longtemps pour que ladite demoiselle soit sur le point d'accoucher, on serait bel et bien tenté de la plaindre. Qu'à cela ne tienne, inopinément placée entre les mains d'une voyante, notre jeune femme de trente-trois ans se voit annoncer "un voyage, un gain, de la fortune et de l'amour, bien que l'on puisse s'attendre à quelques bizarreries en la matière". C'est ainsi que, suite à un accident sur la pas de sa porte, cette femme qui non seulement n'a jamais manifesté la moindre inclinaison à l'égard des enfants mais semble même éprouver une certaine méfiance non dénuée d'angoisse en leur présence, se retrouve temporairement responsable de Tumi, un petit garçon de quatre ans, autiste, sourd et malentendant. Après un début sur les chapeaux de roue, cet improbable duo s'embarque dans un périple qui les mènera dans l'est de "l'île", dans un petit village islandais qui servait jadis de lieu de villégiature à sa famille. Au fil des kilomètres se tissera entre eux une relation émouvante qui devrait leur permettre à tous les deux de renouer avec les joies les plus simples de la vie.

Ponctué de scènes cocasses, peuplé de personnages énigmatiques mais aussi parsemé de souvenirs perturbants, L'embellie est un livre rare à la fois mystérieux et merveilleux dans lequel on se laisse embarquer avec un plaisir inaltérable. Après le succès de Rosa Candida, Audur Ava Olafsdottir tient ses promesses et continue de nous enchanter grâce à sa voix unique et à son goût invétéré pour la gastronomie.

F.A.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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